Délits d’expression : Seydi Gassama plaide pour la suppression des peines de prison
Délits d’expression : Seydi Gassama plaide pour la suppression des peines de prison

SENEGAL-PLAIDOYER

Dakar, 21 avril (APS) – Seydi Gassama, directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, a plaidé mardi pour la suppression des peines de prison liées aux délits d’expression, tout en déplorant l’arrestation de personnes pour ce type d’infraction.

‘’Comme vous le savez, au cours de l’année 2025 et même au début de l’année 2026, plusieurs personnes notamment des chroniqueurs, des politiciens, des journalistes ont été arrêtés, emprisonnés pour des raisons liées à la liberté d’expression’’, explique-t-il.

Il présentait le rapport annuel 2025 – 2026 d’Amnesty International Sénégal sur la situation des droits humains.

Seydi Gassama a plaidé à ce que les peines de prison pour les délits liés à la liberté d’expression soient supprimées.

‘’les peines d’emprisonnement doivent être supprimées. En tout cas, sauf pour les cas les plus graves, comme appel à la haine, appel au meurtre, etc. Pour tous les autres cas, les peines de prison doivent être supprimées. C’est cela, les avis de la plupart des organes de traité des Nations Unies. C’est également l’avis de la Cour africaine des droits de l’homme’’, soutient-il.

Il estime que l’Etat du Sénégal doit aller dans le sens de réformer la législation en privilégiant les sanctions pécuniaires.

‘’Donc l’Etat du Sénégal doit aller dans ce sens, réformer la législation, faire en sorte qu’évidemment toutes ces lois qui permettent d’arrêter quelqu’un ou d’emprisonner quelqu’un parce que, dans un débat, il a commis des délits, que toutes ces lois-là sont revues’’, insiste le directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal.

Parce que, dit-il, on ne peut pas promouvoir un débat public de qualité si à chaque fois les gens qui vont dans les plateaux craignent qu’à la sortie du débat on va les convoquer à la police ou à la gendarmerie.

‘’Les peines de prison ne doivent pas être une épée de Damoclès sur la tête des personnes qui participent au débat public. C’est inacceptable et nous appelons justement le Président de la République, le Premier ministre, le ministre de la justice, dans le cadre des réformes qui vont être initiées, que très rapidement on puisse supprimer les peines de prison pour ces infractions, que ce soit la diffamation, l’offense au chef de l’Etat,…’’, ajoute-t-il.

CMS/ADL/ABB