SENEGAL-LITTERATURE-STRATEGIE
Dakar, 21 avr (APS) – Plusieurs acteurs de la chaîne du livre ont appelé à une synergie pour promouvoir la lecture, à l’occasion d’une célébration anticipée de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur, mardi, à Dakar.
Le directeur du livre et de la lecture, Ibrahima Lo, a mis en avant le rôle des bibliothèques dans la promotion de la lecture et la diffusion du savoir, lors de cette cérémonie tenue au centre culturel régional Blaise Senghor, sur le thème ”Regards croisés entre acteurs de la chaîne du livre : Promouvoir le livre et la lecture au Sénégal”.
M. Lo, présidant la rencontre, a salué la dynamique enclenchée par cette structure culturelle, mettant en avant le rôle des bibliothèques dans la promotion de la lecture et la diffusion du savoir.
”Il y a une dynamique qui a été enclenchée depuis quelques années […] et c’est une excellente chose, puisque c’est aussi revivifier le centre culturel que de consacrer une attention particulière au maillon bibliothèque”, a-t-il déclaré.
Selon lui, l’action publique dans le domaine du livre repose sur une logique d’impulsion et d’accompagnement des initiatives portées par les acteurs du secteur.
”Notre travail n’est pas de faire, mais de faire faire”, a-t-il rappelé, se félicitant de l’engagement des opérateurs culturels et des associations.
Évoquant l’importance du livre, il a insisté sur son rôle dans la formation de l’individu et la construction d’une société équilibrée, appelant les écrivains à assumer pleinement leur mission d’éclairage, en référence à la pensée de Léopold Sédar Senghor.
Le président de l’Association des écrivains du Sénégal, Abdoulaye Fodé Ndione, pour sa part, a présenté l’écriture comme un acte de libération et d’engagement.

”J’écris pour me libérer […], l’écrivain reflète les réalités, annonce et accompagne les dynamiques sociales”, a-t-il soutenu, soulignant que l’écrivain ”n’est pas indifférent à la société dans laquelle il évolue”.
Il s’est réjoui de la présence de l’ensemble des composantes de la chaîne du livre – auteurs, éditeurs, imprimeurs, diffuseurs et autres professionnels –, estimant que cette diversité est de nature à enrichir les échanges.
Intervenant au nom des éditeurs, la directrice générale des Nouvelles éditions africaines du Sénégal (NEAS), Aminata Sy, a insisté sur le rôle du livre dans l’éducation et la transmission des savoirs.
Elle a rappelé que l’édition est un métier confronté à de nombreuses contraintes, notamment les coûts de production, les difficultés de commercialisation et le phénomène de la piraterie.

”Le livre est un produit particulier […], il faut le produire, le promouvoir et le vendre”, a-t-elle expliqué, plaidant pour une synergie d’actions entre les différents acteurs afin d’améliorer son accessibilité.
Mme Sy a également évoqué la vocation des NEAS, créées sous l’impulsion de Léopold Sédar Senghor, pour promouvoir la littérature africaine et encourager la production locale.
De son côté, la secrétaire générale de l’Association nationale des bibliothécaires et archivistes du Sénégal, Marie Gaye, a mis en avant le rôle d’interface des bibliothèques entre l’information et les usagers.

”Le bibliothécaire est un acteur intermédiaire dans la chaîne du livre […], la bibliothèque est un espace de médiation culturelle et d’apprentissage”, a-t-elle indiqué, insistant sur la nécessité de renforcer l’accès des jeunes aux ouvrages.
Les différents intervenants ont, à l’unanimité, souligné l’importance de promouvoir la lecture au Sénégal, en misant sur une collaboration accrue entre les acteurs publics, privés et associatifs du secteur du livre.

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