Cybercriminalité : plus de 275 milliards de francs Cfa de pertes enregistrées en Afrique depuis 2024 (Interpol)
Cybercriminalité : plus de 275 milliards de francs Cfa de pertes enregistrées en Afrique depuis 2024 (Interpol)

AFRIQUE-MONDE-SOCIETE

Dakar, 4 août (APS) – Les pertes liées à la cybercriminalité en Afrique ont plus que doublé, passant, depuis 2024, de 109,3 milliards de francs Cfa à plus de 275,5 milliards CFA, a révélé Interpol, Organisation internationale de la police criminelle.

‘’Depuis 2024, les pertes liées à la cybercriminalité ont plus que doublé, passant de 192 millions à 484 millions de dollars (275, 5 milliards CFA), principalement grâce aux arnaques facilitées par l’IA, à la collecte de diplômes et aux campagnes d’ingénierie sociale automatisée’’, indique Interpol.

Dans son dernier rapport d’évaluation des cybermenaces africaines rendu public, lundi, l’Organisation internationale de la police criminelle souligne qu’en 2025, les arnaques en ligne ont continué d’être le type de cybercriminalité le plus signalé, les attaquants exploitant les plateformes d’argent mobile, les réseaux sociaux et l’IA pour atteindre leurs cibles.

Interpol note que 72 % des pays concernés par l’enquête ont signalé la présence de centres frauduleux, avec une plus forte concentration en Afrique australe et ouest.

‘’La sextorsion numérique et le harcèlement en ligne, souvent facilités par des deepfakes générés par l’IA et des médias synthétiques, sont restés omniprésents, avec environ 600 000 détections de sextorsion enregistrées’’, mentionne le rapport.

Il fait, dans le même temps, état d’une amélioration considérable de sophistication des schémas de compromission des e-mails professionnels (BEC) à travers l’utilisation de l’IA pour générer une correspondance par e-mail très convaincante.

Cela permet, selon Interpol, aux acteurs malveillants basés en Afrique de cibler des victimes en Europe et en Amérique du Nord via des infrastructures réparties dans plusieurs juridictions.

Le rapport révèle, par ailleurs, que l’absence de partage de données inter-agences en temps réel entre banques, télécoms et forces de l’ordre crée un angle mort dangereux dans les efforts de lutte contre la fraude financière.

Elle souligne que cette vulnérabilité est exploitée par des criminels qui sont allés au-delà du simple vol de références existantes pour créer des identités entièrement synthétiques.

Pour l’Organisation internationale de la police criminelle, la combinaison des données personnelles réelles avec des éléments fabriqués, notamment les personas (profils fictifs) numériques générés par IA, permet aux acteurs de contourner même les systèmes avancés de vérification biométrique.

Ces techniques ont été utilisées pour ouvrir des comptes bancaires, sécuriser des prêts mobiles et enregistrer des cartes SIM sous de faux noms, fait savoir Interpol.

AKS/HB/FKS/HK/SMD/MTN