Crise alimentaire : le gouvernement débloque plus de 7 milliards de FCFA pour les populations vulnérables et le cheptel
Crise alimentaire : le gouvernement débloque plus de 7 milliards de FCFA pour les populations vulnérables et le cheptel

SÉNÉGAL-SOUDURE-RÉPONSE

Dakar, 6 août (APS) – L’État va mobiliser plus de 7,2 milliards de FCFA pour financer, avant le 12 août, un plan d’assistance alimentaire, nutritionnelle et pastorale en faveur des populations vulnérables et du cheptel touchés par la soudure, a appris l’APS de source officielle.

‘’J’engage le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan à mettre à la disposition des structures opérationnelles (…), au plus tard le mercredi 12 août 2026, le budget de l’assistance alimentaire et pastorale d’un montant global de 7 202 737 225 francs CFA’’, a déclaré, jeudi, le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Mouhamed Lo lors de la réunion interministérielle sur la sécurité alimentaire et la période de soudure.

Dans le document sanctionnant cette rencontre, parvenu à l’APS, il a indiqué que cette enveloppe financière servira à financer les transferts monétaires aux ménages vulnérables, la distribution de kits alimentaires, la prise en charge nutritionnelle des personnes à risque ainsi que l’approvisionnement en aliments de bétail dans les zones déficitaires.

D’après les analyses du Cadre harmonisé, servant de référence au gouvernement pour évaluer la vulnérabilité alimentaire, 836 786 personnes, soit 92 976 ménages, se trouvent en situation d’insécurité alimentaire sévère ; les départements de Goudiry, Salémata, Bambey, Matam, Podor et Ranérou étant les zones les plus touchées.

Le dispositif annoncé prévoit notamment 2,64 milliards de francs CFA pour les transferts monétaires confiés au Fonds de solidarité nationale, 700 millions de francs CFA pour la distribution de kits alimentaires par le Commissariat à la sécurité alimentaire et à la résilience, 727,7 millions de francs CFA destinés au Conseil national de développement de la nutrition et plus de 3,13 milliards de francs CFA pour l’assistance pastorale en faveur de l’élevage.

Dans l’optique d’accélérer le déploiement des interventions sur le terrain, le Premier ministre a fixé au 12 août la date limite de mise à disposition des ressources financières par le ministère chargé des Finances 

Dans le secteur de l’élevage, le Plan national de réponse 2026 a identifié une situation particulièrement préoccupante dans les départements de Podor, Dagana, Linguère, Matam et Kaffrine, où près de 490 214 unités de bétail tropical (UBT) nécessitent une assistance alimentaire estimée à 14 706 tonnes d’aliments de bétail.

Afin de garantir un ciblage efficace, des Comités départementaux de développement (CDD) seront organisés dès la semaine du 10 août dans les départements de Bambey, Goudiry, Salémata et Ranérou afin d’établir un état des lieux documenté de la situation des populations et du cheptel, lit-on dans le relevé des mesures prises par le Premier ministre.

Le gouvernement a également demandé le déploiement immédiat de l’assistance alimentaire en tenant compte des conséquences des inondations susceptibles d’aggraver la vulnérabilité de certaines localités.

Sur le plan sanitaire, le chef du gouvernement a instruit le ministère de la Santé d’intensifier le dépistage et la prise en charge de la malnutrition aiguë chez les enfants, ainsi que l’assistance nutritionnelle destinée aux femmes enceintes et allaitantes dans les zones prioritaires.

Pour une bonne gouvernance de la réponse, un mécanisme quotidien de suivi sera mis en place pour assurer la remontée des informations provenant des territoires, tandis qu’un dispositif de coordination devra rendre compte régulièrement des populations assistées, des ressources mobilisées, des interventions réalisées et des besoins restant à couvrir.

Au-delà de la réponse d’urgence, le gouvernement entend renforcer les mesures structurelles de prévention de l’insécurité alimentaire.

Il prévoit notamment la reconstitution durable du stock national de sécurité alimentaire à travers des achats privilégiant la production locale, la mise en œuvre de programmes de résilience dans les zones chroniquement vulnérables et l’intégration de l’approche ‘’One Health’’ dans la gouvernance nationale de la sécurité alimentaire, afin de mieux prendre en compte les enjeux de santé humaine, animale et environnementale.

Le ministère chargés de l’Hydraulique, celui des Infrastructures et celui du Commerce ont, en outre, été invités à renforcer le suivi des zones où les inondations ou les crues pourraient compromettre l’accès des populations aux denrées alimentaires au cours des prochaines semaines, souligne le document.

AN/ABB/AKS