Crise à l’UCAD : le SAES appelle étudiants et autorités à privilégier le dialogue
Crise à l’UCAD : le SAES appelle étudiants et autorités à privilégier le dialogue

SENEGAL-UNIVERSITE-CRISE

Dakar, 19 fév (APS) – Le Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (SAES) de l’université Cheikh-Anta-Diop de Dakar (UCAD) a appelé, jeudi, étudiants et autorités à privilégier le dialogue pour une sortie de crise et une reprise sereine des cours.

”Depuis le début de cette crise, nous avons fait un choix clair : celui de la responsabilité. Fidèles à l’esprit même de l’université, nous avons privilégié la voie exigeante du dialogue. Nous avons engagé un travail méthodique de médiation auprès de toutes les parties prenantes. Nous avons rencontré les membres du collectif des amicales d’étudiants pour leur adresser un message sans ambiguïté : ne jamais quitter la table du dialogue’’, a notamment déclaré Mamadou Bodian, coordonnateur de la section UCAD du  SAES.

S’exprimant lors d’une conférence de conférence organisée au terme de leur assemblée générale, il a souligné que l’université entre dans une zone de turbulence dont nul ne sort indemne dès lors que le langage de la discussion se perd. 

C’est pourquoi, ’’nous avons inscrit notre action dans le même esprit que le Bureau national du SAES, qui a entrepris des démarches auprès de l’autorité de tutelle afin d’ouvrir un espace crédible à la médiation”, a indiqué M. Bodian.

”Dans ce même sillage, nous avons rencontré le recteur de l’UCAD pour porter cette exigence de dialogue et contribuer à la recherche d’une issue responsable. Des échanges ont également été conduits avec différents médiateurs et personnalités ressources, de l’UCAD et d’ailleurs, avec une seule boussole : éviter l’irréversible et préserver l’institution’’, a a t-il ajouté. 

Après avoir rendu visite aux blessés et salué la libération sous contrôle judiciaire des étudiants arrêtés lors de violences à l’UCAD, les responsables du SAES disent encourager toutes les mesures susceptibles de maintenir les conditions minimales de normalité universitaire, l’ouverture du campus social et des restaurants universitaires, notamment. 

Le 9 février, l’étudiant en Médecine, Abdoulaye Ba, a trouvé la mort dans l’enceinte de l’université, dans des échauffourées entre les forces de l’ordre et des étudiants qui protestaient contre la réforme du système des bourses par le gouvernement et la fermeture des restaurants universitaires.

”Il existe une unité fonctionnelle entre le campus social et le campus pédagogique, où les enseignements se poursuivaient jusqu’à l’avènement du drame qui a conduit à l’arrêt regrettable des cours. Nous avons alerté sur les effets systémiques de certaines décisions, notamment la suspension des amicales étudiantes. Priver l’université d’interlocuteurs organisés du côté des étudiants, c’est fragiliser les mécanismes de régulation interne et accroître les risques de radicalisation des tensions’’, a alerté le coordinateur du SAES-UCAD. 

Évoquant la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba, le SAES Dakar a réaffirmé ‘’avec gravité’’ son exigence : ‘’toute la lumière doit être faite sur la mort de l’étudiant Abdoulaye Ba. La vérité n’est pas une option. Elle est la condition de la justice, et plus encore, de la reconstruction de la confiance collective. Mais au-delà de l’émotion légitime, l’honnêteté intellectuelle nous impose d’interroger les causes profondes’’. 

Selon Mamadou Bodian, la crise actuelle trouve son origine dans des tensions structurelles, parmi lesquelles la question des bourses étudiantes. 

”Cette problématique ne peut être réduite à un épisode conjoncturel. Elle révèle des fragilités accumulées, dont la manifestation tragique a été une escalade ayant conduit à une mort d’homme et plusieurs blessés. Une telle issue impose lucidité et responsabilité à tous’’, a-t-il souligné. 

CMS/ABB/OID