Dakar, 29 déc (APS) – La 28e Conférence des parties de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques organisée à Dubaï, aux Emirats arabes unis (EAU), a pris fin sur un accord historique appelé, le Consensus des Emirats arabes unis qui marque le début de la fin de l’ère des combustibles fossiles, en jetant les bases d’une transition rapide, juste et équitable, étayée par de fortes réductions des émissions et un financement accru en faveur d’une nouvelle ère de l’action climatique.

Ce consensus historique et inclusif repose principalement sur le premier Bilan mondial de l’Accord de Paris qui définit les actions nécessaires pour limiter et maintenir le réchauffement climatique à 1,5°C.

Il appelle à l’abandon de tous les combustibles fossiles dans les systèmes énergétiques, de manière juste, ordonnée et équitable au cours de cette décennie critique pour permettre au monde d’atteindre zéro émission nette d’ici 2050, conformément à la science.

Le Consensus des Emirats encourage les Parties (pays) à accélérer les ‘’objectifs ambitieux de réduction des émissions à l’échelle de l’économie’’ dans leurs prochaines contributions déterminées au niveau national (CDN) tout en proposant un nouvel objectif spécifique visant à tripler les énergies renouvelables et à doubler l’efficacité énergétique d’ici 2030.

Il reconnaît la nécessité d’augmenter considérablement le financement de l’adaptation climatique au-delà du doublement, pour répondre aux besoins urgents et évolutifs.

Le document appelle également à créer une dynamique en faveur de la réforme de l’architecture financière mondiale, en reconnaissant pour la première fois le rôle des agences de notation de crédit et à l’intensification des financements concessionnels et sous forme de subventions.

Obtenu le 13 décembre, après des heures de négociations, soit près de 24 heures après la clôture officielle de la 28e conférence des Nations unies sur le climat, ce consensus est le résultat d’un an d’engagements diplomatiques inclusifs du pays hôte et de deux semaines de négociations intenses de divers acteurs de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC).

Les Émirats arabes unis ont déroulé un processus permettant à toutes les parties de s’entendre sur une feuille de route claire appelée le consensus des Émirats arabes unis destiné à accélérer une action climatique inclusive en faveur de la transition énergétique mondiale.

Les enjeux de la COP 28

Conformément au mandat de l’Accord de Paris sur le climat de 2015, la COP 28 avait la charge de présenter le tout premier Bilan mondial de cet Accord, de procéder à une première évaluation complète des progrès réalisés par rapport aux objectifs climatiques depuis la COP 21, mais également de proposer à travers ce consensus, une nouvelle ère de l’action climatique dont l’objectif est de remettre l’Accord de Paris sur les rails, d’atteindre 1,5°C, c’est-à-dire de réduire les émissions mondiales de 43 % d’ici 2030.

Cet accord doit amorcer aussi une transition vers une sortie des énergies fossiles pour atteindre la neutralité carbone d’ici à 2050.

L’Expo City de Dubaï a abrité du 30 novembre au 13 décembre 2023, la 28e Conférence des parties (COP) de la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Cette rencontre internationale a enregistré la participation de 198 pays appelés parties.

Au cours de ces deux semaines, selon les autorités émiraties, plus de 100 000 personnes, 156 chefs d’État et gouvernements, 22 dirigeants d’organisations internationales, plus de 780 ministres, 500 maires, plus de 50 000 étudiants et des parlementaires, des jeunes, les entreprises, les organismes philanthropiques, la société civile et les peuples autochtones ont assisté à divers événements organisés dans la zone Bleue de l’Expo City de Dubaï.

Du côté de la zone Verte de l’Expo City de Dubaï, des milliers de personnes ont pris part à de nombreux événements organisés par la présidence émiratie de la COP 28 avec différents partenaires.

Tout au long de la COP, des dirigeants ont particulièrement souligné l’importance de l’urgence d’agir, la nécessité d’accélérer la mobilisation des financements. Ils ont mis en avant la nécessité cruciale de se concentrer sur les pays en développement, où la finance et la technologie sont des conditions préalables à une transition énergétique juste.

Au-delà du Consensus des Emirats arabes unis, la présidence émiratie de la COP 28, dans sa volonté de soutenir la mise en œuvre de ce consensus historique, a déroulé son programme d’action qui lui a permis d’engranger des résultats probants négociés avec les différents pays participants et organisations internationales.

Résultats clés négociés par la présidence de la COP 28 et les parties

Parmi ces résultats clés obtenus par la présidence de la COP 28 pour soutenir le Consensus des Emirats arabes unis qui appelle à une nouvelle ère de l’action climatique en faveur d’une transition énergétique limitant le réchauffement climatique à 1,5 C, il y a la publication de 11 engagements et déclarations. Ces déclarations prônent une transformation des systèmes alimentaires et sanitaires, des énergies renouvelables et l’efficacité énergétique, ainsi que des initiatives visant à décarbonner les industries à fortes émissions.

La COP28 a, conformément au mandat d’élaboration d’un objectif mondial d’adaptation percutant promis dans le cadre de l’Accord de Paris, mis en place le Cadre des Émirats pour la résilience climatique mondiale. Ce cadre prévoit de mettre l’accent sur l’adaptation et l’atténuation au climat en galvanisant non seulement les gouvernements, mais aussi toutes les parties prenantes à accélérer et à intensifier les actions d’adaptation au changement du climat.

Un des acquis majeurs de cette conférence a été l’adoption et l’opérationnalisation dès le premier jour, du Fonds des pertes et dommages. Les pays ou parties de la CCNUCC se sont réunis pour adopter et opérationnaliser à travers un accord le Fonds pour les pertes et dommages promis lors de la COP27 de Charm-El Cheikh en Egypte.

Hébergé par la Banque mondiale pour une période initiale de quatre ans, ce nouveau fonds allouera des ressources sur la base des données disponibles et avec un pourcentage minimum alloué aux Pays les moins avancés (PMA) et aux petits États insulaires en développement.

Au total, 19 pays ont fait preuve d’esprit de solidarité internationale, en prenant des engagements totalisant 792 millions de dollars au dernier jour de la conférence en faveur du Fonds et des modalités de financement liées aux pertes et dommages.

Les Émirats arabes unis, pays hôte de la 28e COP, ont annoncé une contribution de 100 millions de dollars au fonds des pertes et dommages.

L’opérationnalisation du Fonds dédié aux pertes et dommages a été pendant plusieurs années un combat porté par les négociateurs africains, des pays en voie de développement de manière générale.

La COP28 a réussi à mettre en place le programme quinquennal de travail pour une transition juste, établi lors de la COP27. Ce programme qui démarre immédiatement va favoriser une mise en œuvre ambitieuse et équitable de tous les piliers de l’Accord de Paris dont l’objectif principal est de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C.

Une initiative menée par les Emirats arabes unis a permis aux parties de convenir que toutes les futures présidences de la COP devraient nommer un jeune champion du climat au sein de la présidence, afin de faciliter l’engagement des enfants et des jeunes dans l’action climatique y compris dans le processus de la CCNUCC.

C’est la première fois qu’une présidence mette en œuvre ce type d’initiative de l’Accord de Paris qui vise à permettre aux jeunes d’avoir une voix renforcée et de haut niveau à chaque future COP.

La présidence émiratie de la COP 28 a déroulé tout au long de la rencontre un plan d’action destiné à stimuler une action climatique concrète visant à redonner espoir à près de 3,6 milliards de personnes vivant déjà dans des zones hautement sensibles au changement climatique.

Ainsi, à travers le Consensus des Emirats arabes unis, la COP a catalysé un changement visant à accélérer la décarbonisation et une série d’initiatives historiques conçues pour accélérer la transition énergétique, réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre, soutenir les mesures de résilience et d’adaptation afin de garder la vie et les moyens de subsistance au centre.

A cet effet, un financement de plus de 85 milliards de dollars dont 3,5 milliards de dollars pour reconstituer le Fonds vert pour le climat et près de 188 millions de dollars pour le Fonds d’adaptation, ont été mobilisés ouvrant ainsi la voie à une nouvelle ère de l’action climatique.

Cette Conférence des Nations unies sur le climat a permis aussi le lancement du plus grand Fonds d’investissement climatique privé au monde doté de 30 milliards de dollars mais aussi d’amener 52 sociétés pétrolières nationales et internationales à se mettre d’accord sur des objectifs ambitieux de décarbonations.

Une Charte de décarbonisation du pétrole et du gaz a été approuvée à cet effet par ces 52 entreprises d’hydrocarbures, couvrant 40 % de la production mondiale de pétrole et de gaz. Elles ont détaillé des plans spécifiques pour soutenir l’objectif d’atteindre zéro émission nette d’ici 2050 ou avant.

AB/OID

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