SENEGAL-SOCIETE
Dakar, 18 fév (APS) – L’Institut français de Dakar annonce la tenue de la deuxième édition de son programme “Constellations et Cosmogonies”, le 28 février prochain, une initiative visant à croiser “astronomie, anthropologie, religions, arts et innovation numérique” dans l’optique d’interroger le rapport des hommes au ciel et au cosmos.
La rencontre ambitionne de mettre en lumière les lectures africaines du ciel, du savoir cosmologique des Dogons autour de Sirius (étoile mythique) aux traditions sérères et diola, a déclaré à l’APS la directrice déléguée de cet établissement culturel, Valérie Lesbros.
Le programme “Constellations et Cosmogonies” prévoit notamment de “croiser astronomie, anthropologie, religion, arts et innovation numérique pour interroger notre rapport au ciel et au cosmos”, indique-t-on.
Le directeur de l’Agence sénégalaise d’études spatiales, Maram Kairé, va participer à cette rencontre, de même que la reine d’Oussouye, des islamologues, ainsi que des artistes et créateurs sénégalais, mauritanien et malgache.
La programmation prévoit des ateliers pour enfants, des initiations à l’observation du ciel, des tables rondes, une activité théâtrale, de la musique spirituelle
Comme lors de la précédente édition, l’observation astronomique au télescope et la rupture collective du jeûne constitueront des temps forts de convivialité et de partage, a souligné Mme Lesbros, par ailleurs attachée culturelle de l’ambassade de France au Sénégal.
Elle a aussi évoqué la vocation de la structure qu’elle dirige, consistant à “rendre les savoirs accessibles, encourager leur réappropriation et créer des passerelles entre sciences, arts et croyances, dans une approche à la fois rigoureuse et ouverte”.
“Depuis toujours, l’observation des astres nourrit à la fois la recherche scientifique et les récits fondateurs. Il ne s’agit pas d’opposer science et spiritualité, mais de montrer comment ces approches peuvent se répondre et s’enrichir”, souligne la directrice déléguée de l’Institut français de Dakar.
Prenant part à cet entretien, le directeur de l’Agence sénégalaise d’études spatiales Maram Kairé s’est félicité de cette initiative qui, dit-il, recoupe les missions de “vulgarisation, de sensibilisation sur les sciences spatiales et l’astronomie”.
Les connaissances traditionnelles précieuses, en cas de défaillance technologique
“Les savoirs endogènes constituent une mémoire scientifique, culturelle et pédagogique qu’il est essentiel de préserver et de structurer”, a relevé l’astrophysicien.

Selon Maram Kairé, “l’interprétation des étoiles varie selon les territoires : ce que l’on observe et nomme au Fouta n’est pas identique à ce que l’on retrouve en pays sérère”, ajoutant que ces différences de perspective “traduisent une richesse d’approches qu’il convient de documenter et de transmettre aux générations futures”.
“Historiquement, rappelle le directeur de l’ASES, l’observation des astres répondait à des besoins pratiques : navigation maritime, orientation dans le désert, organisation des calendriers agricoles. Les pêcheurs, par exemple, utilisaient les étoiles pour se repérer en haute mer bien avant l’arrivée du GPS”.
Aujourd’hui encore, poursuit-il, certains pêcheurs rappellent qu’en cas de “défaillance technologique, ces connaissances traditionnelles demeurent précieuses”.
Aux fins de son analyse, l’enjeu n’est donc pas d’opposer tradition et modernité, mais de “maintenir un dialogue fécond entre héritage culturel et astronomie contemporaine, afin que la technologie n’efface pas la mémoire des savoirs”.

SMD/BK

