SENEGAL-FiNANCES
Dakar, 15 mai (APS) – Le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, a relevé, vendredi, à Dakar, un faible niveau d’exécution de certains programmes budgétaires au premier trimestre de cette année, une situation résultant, d’après lui, de la prudence de l’État face aux incertitudes de l’environnement économique international.
‘’Des évènements ont eu lieu dans le monde, la crise au Moyen-Orient notamment. Il fallait attendre et observer avant d’engager l’ensemble des dépenses budgétaires prévues, afin d’éviter de se retrouver en difficulté, dans un contexte où il est nécessaire de revoir le cadrage budgétaire en raison du changement fondamental des cours mondiaux des hydrocarbures’’, a expliqué M. Diba.
Il s’entretenait avec des journalistes, après avoir été auditionné par l’Assemblée nationale.
Les dépenses de fonctionnement des programmes sont les moins affectées par la lente exécution budgétaire, a signalé le ministre des Finances et du Budget.
L’État a choisi d’agir avec précaution en raison des conséquences de la guerre au Moyen-Orient sur les marchés internationaux, a argué Cheikh Diba.
Le prix du baril de pétrole était de 64,4 dollars US (environ 36 000 francs CFA) lorsque le Sénégal élaborait sa loi de finances initiale 2026, a-t-il rappelé, ajoutant qu’il est actuellement de 105 dollars (environ 60 000 francs CFA).
‘’Si nous engageons d’emblée toutes les dépenses prévues et faisons face ensuite à ces modifications, sans disposer du matelas budgétaire nécessaire pour procéder à des corrections, cela peut conduire à des dérives dans l’exécution budgétaire’’, a prévenu Cheikh Diba.
Les dépenses incompressibles et obligatoires ont toutefois été exécutées correctement, ce qui a permis à l’État d’avoir un niveau d’exécution ‘’correct’’ de l’ensemble du budget, d’après M. Diba.
Les négociations de l’État du Sénégal avec le FMI se déroulent ‘’très bien’’, même si elles portent sur ‘’le plus grand cas de dissimulation’’ d’une dette impliquant le Fonds monétaire international (FMI), a-t-il assuré.
Le président sénégalais, Bassirou Diomaye Faye, a rencontré les dirigeants du FMI au cours de cette semaine, à Nairobi, à l’occasion d’un sommet franco-africain.
Les autorités actuelles du Sénégal disent avoir découvert des engagements financiers pris mais n’étant pas rendus publics par les ex-dirigeants du pays entre 2019 et 2024, ce que l’ex-président de la République, Macky Sall, a nié. À cause de ces engagements, le taux d’endettement du Sénégal a atteint 132 % du produit intérieur brut, un niveau sans précédent pour le pays, d’après les autorités.
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