SENEGAL-SOCIETE-CONFLIT
Ziguinchor, 23 sept (APS) – Une étude du centre de recherche interdisciplinaire sur les langues, les littératures, l’histoire, les arts et les cultures (CRELIHAC) de la Fondation Konrad-Adenauer suggère une meilleure anticipation d’éventuels problèmes pouvant résulter du retour des populations déplacées de retour en Casamance (sud), en lien avec l’accalmie observée depuis quelques années dans cette région en proie à un conflit armé déclenché en décembre 1982.
“Pour cette étude, nous avons réfléchi sur la thématique post-conflit et le retour des déplacés : le rôle de l’Etat”, a expliqué un des auteurs de l’étude, l’enseignant-chercheur Paul Diédhiou de l’Université Assane Seck de Ziguinchor.
“Aujourd’hui, on est dans une situation de ni paix ni guerre. Avec le retour des déplacés et des réfugiés, nous nous sommes dit qu’il faudrait peut-être anticiper sur d’éventuels problèmes, car le départ des populations lié au conflit a engendré des problèmes de même que leur retour”, a-t-il dit lors d’un forum tenu à Ziguinchor pour la restitution de cette étude.
Selon l’enseignant-chercheur en sociologie, l’objectif de cette étude est d’anticiper “pour comprendre justement les problèmes liés au retour”, en allant vers les populations déplacées et ceux qui sont rentrés dans leurs village d’origine.
Sur ce point, “on a diagnostiqué un certain nombre de problèmes dont celui lié à l’accompagnement de l’État”, que les populations des zones encore affectées par le conflit doivent sentir davantage, a ajouté M. Diédhiou.
Il a aussi pointé la discontinuité du financement et le problème lié à l’état-civil.
”Quand les populations se sont déplacées, beaucoup d’enfants ont vu le jour ailleurs, plus particulièrement en Guinée-Bissau, ce qui a fait qu’ils n’ont pas eu d’extrait de naissance. L’État avait initié les audiences foraines, qui n’ont pas connu de réussite lors de la première édition”, a affirmé Paul Diédhiou.
Dans le cadre de la mise en œuvre du Plan Diomaye pour la Casamance, l’Etat a initié une seconde vague d’audiences foraines qui “semble être plus concluante que la première”, selon le chercheur.
Séparée du nord du Sénégal par la Gambie, la Casamance est le théâtre de l’un des plus vieux conflits d’Afrique.
Les indépendantistes du MFDC y ont pris les armes après la répression d’une marche par les pouvoirs publics sénégalais, en décembre 1982.
Après avoir fait des milliers de victimes et ravagé l’économie de cette partie du pays, le conflit ne cesse de baisser d’intensité depuis plusieurs années.
En 2020, l’armée sénégalaise a mené des opérations d’envergure pour “neutraliser” les bases rebelles et faciliter le retour des personnes déplacées à leur lieu d’habitation.
AT/BK
