SENEGAL-SOCIETE-PLAIDOYER
Bignona, 12 mai (APS) -Le préfet du département de Bignona (sud), Mamadou Khouma, a lancé, mardi, un appel fort à la paix en Casamance, saluant “un acte héroïque” posé par les combattants du MFDC (Mouvement des forces démocratiques de la Casamance), notamment de la faction Diakaye , ayant accepté de déposer les armes.
“Le Sénégal a besoin de paix. La Casamance a besoin de paix. L’Afrique a besoin de paix. Ayons un objectif commun : la paix”, a déclaré M. Khouma , avant d’adresser un appel à ceux qui n’ont pas encore déposé les armes.
Le préfet de Bignona s’exprimait à l’issue de la randonnée pédestre marquant le démarrage des activités commémoratives de l’An 3 du dépôt des armes par la faction Diakhaye, organisée à Bignona par la Coordination sous-régionale des organisations de la société civile pour la paix en Casamance (COSPAC) et l’Initiative pour la réunification des ailes politiques et armées du MFDC (IRAPA).
M. Khouma a estimé qu’”un pas vient d’être franchi”, tout en reconnaissant que “le processus va être long”. Il a invité l’ensemble des parties prenantes à poursuivre les efforts en faveur d’une paix durable.
Le chef de l’exécutif départemental s’est réjoui de la forte mobilisation enregistrée lors de cette randonnée ayant conduit les participants vers le site de signature des accords de paix à Mongone.
Selon lui, “tout le Sénégal” était représenté à travers les délégations venues des départements de Ziguinchor, des communes de Bignona, mais aussi de la Gambie et de la Guinée. .
Il a également souligné la participation des Forces de défense et de sécurité (FDS), des femmes, des enfants, des personnes du troisième âge ainsi que des associations de personnes vivant avec un handicap venues notamment de Ziguinchor.
Pour Mamadou Khouma, cette mobilisation constitue “un signal fort” envoyé aux populations et aux acteurs encore engagés dans le conflit.
Le préfet de Bignona a enfin associé son plaidoyer pour la paix à un appel à la préservation des ressources naturelles de la Casamance.
Il a dénoncé les coupes abusives de bois et exhorté les populations à protéger les arbres centenaires hérités des ancêtres.
“Nos enfants doivent pouvoir dire à leurs petits-enfants que nos ancêtres nous ont laissé une Casamance verte”, a-t-il soutenu, insistant sur la nécessité de concilier développement et sauvegarde de l’environnement.
La Casamance, séparée du nord du Sénégal par la Gambie, est le théâtre de l’un des plus vieux conflits du continent. Des indépendantistes ont pris le maquis après la répression d’une manifestation en décembre 1982 à Ziguinchor, la principale ville de la région.
Le conflit a fait des milliers de victimes et porté un coup sévère à l’économie locale.
En 2022, l’armée nationale a mené des opérations d’envergure contre des bases rebelles, contribuant à renforcer l’accalmie et à favoriser le retour de nombreuses personnes déplacées dans leurs villages d’origine.
En mai 2023, un nombre de 250 combattants du MFDC, notamment de la faction de Diakaye, ont déposé les armes.

MNF/MTN

