SENEGAL-AFRIQUE-NUTRITION
Abidjan, 29 juin (APS) – Plusieurs produits alimentaires consommés au Sénégal et en Afrique de l’Ouest sont à l’origine de carences en micronutriments souvent appelées “faim cachée”, une pathologie touchant environ 50 à 70 % des populations concernées, a souligné Brehima Sissoko, expert en nutrition, santé et bien-être de la société Nestlé.
“La forme la plus répandue reste de loin les carences en micronutriments, souvent appelées ‘faim cachée’, qui touchent environ 50 à 70 % des populations d’Afrique centrale et l’Ouest […] c’est le fardeau le plus massif, mais aussi le plus invisible”, a-t-il déclaré.
M. Sissoko, directeur nutrition, santé et bien-être de Nestlé pour les pays d’Afrique Centrale et de l’Ouest, intervenait en marge d’une visite d’immersion au cœur des activités de recherche et de production de la multinationale Nestlé à Abidjan, en Côte d’Ivoire.
L’objectif poursuivi à travers cette visite (25- 26 juin) était de permettre à des acteurs médias d’Afrique de l’Ouest et du Centre d’appréhender les engagements et les réalisations de Nestlé, une multinationale spécialisée dans l’industrie agroalimentaire.
Des journalistes, créateurs de contenus ou influenceurs du Sénégal, du Ghana, du Togo, du Cameroun, de la Côte d’Ivoire et du Nigéria ont pris part à cette visite visant à favoriser une compréhension approfondie des activités de Nestlé, de ses expertises et de ses engagements en Côte d’Ivoire et dans la région Afrique Centrale et de l’Ouest.
Selon M. Sissoko, on retrouve globalement les mêmes types de carences en micronutriments dans les pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre.
Au Sénégal, à côté de la carence en fer, on retrouve les carences en vitamine A, en iode, en zinc etc., a-t-il souligné, précisant que ces carences sont certifiées dans les données l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et du Programme alimentaire mondial.
En Côte-d’Ivoire comme dans d’autres pays d’Afrique de l’Ouest, les carences en micronutriments sont également une réalité, selon lui. Il s’agit de carences en fer, en vitamine A, en vitamine B12, en iode et zinc.
“Parmi ces déficits, la carence en fer occupe une place centrale, en tant que principale cause de l’anémie, elle constitue l’un des défis de santé publique les plus critiques dans la région. Selon l’OMS, près de 60 % des enfants âgés de 6 à 59 mois et environ 40 % des femmes en âge de procréer sont touchés en Afrique, avec des niveaux pouvant dépasser 70 % chez les jeunes enfants dans certains pays, illustrant la gravité et la persistance du phénomène”, a-t-il-expliqué.
“Au-delà de l’anémie, les déficits en vitamine A, en zinc, en iode et en folates affectent directement le développement cognitif, la croissance et la capacité de l’organisme à résister aux infections. En Afrique subsaharienne, jusqu’à près de 1 enfant sur 2 souffre d’une carence en vitamine A, augmentant significativement les risques de morbidité et de mortalité. Dans le même temps, le déficit en zinc, essentiel au bon fonctionnement du système immunitaire, atteint des niveaux préoccupants, pouvant concerner une part importante des enfants”, a-t-il-poursuivi.
Environ 35 à 45 % du fardeau régional des carences en micronutriments
A l’échelle globale et régionale, ces formes de carences en micronutriments ou de malnutrition se répartissent de différentes manières, selon les données présentées par le docteur Sissoko lors d’un atelier organisé dans le cadre de la cette visite d’immersion au cœur des activités de recherche et de production de la multinationale Nestlé en Côte d’Ivoire.
Au niveau mondial, les carences en micronutriments touchent environ 25 à 30 % de la population, soit près de 1,9 milliard de personnes, a-t-il affirmé, soulignant que l’Afrique subsaharienne, à elle seule, contribue à environ 20 à 25 % du fardeau mondial, alors qu’elle ne représente qu’environ 15 % de la population mondiale.
“Cela met en évidence un point essentiel : les carences en micronutriments ne sont pas seulement répandues, elles sont fortement concentrées en Afrique subsaharienne”, a-t-il-analysé.

L’Afrique de l’Ouest et du Centre “apparaît particulièrement comme un véritable hotspot, représentant environ 35 à 45 % du fardeau régional des carences en micronutriments”, a-t-il indiqué.
“Autrement dit, non seulement l’Afrique subsaharienne est fortement touchée, mais au sein même de cette région, l’Afrique de l’Ouest et Centrale porte une part particulièrement élevée du fardeau”, précise M. Sissoko.
Pour ce qui est de la sous-nutrition, l’expert explique qu’elle “affecte environ 30 % des enfants d’Afrique Centrale et l’Ouest”, avec des manifestations se traduisant par le retard de croissance, l’émaciation ou l’insuffisance pondérale, sans compter des conséquences majeures sur le développement et le capital humain.
Le surpoids et l’obésité, moins répandus avec un taux de 5 à 12 %
“On observe une dynamique similaire pour la sous-nutrition, où environ 40 à 50 % du fardeau de l’Afrique subsaharienne est concentré dans cette sous-région (Afrique Centrale et l’Ouest)”, a-t-il relevé.
Le directeur nutrition santé et bien-être de Nestlé pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre a présenté, en revanche, un tableau légèrement différent concernant le surpoids et l’obésité.
“Le surpoids et l’obésité sont encore moins répandus autour de 5 à 12 %, mais en progression, ce qui reflète une transition nutritionnelle, avec des régimes de plus en plus riches en calories mais pauvres en qualité nutritionnelle”, a-t-il expliqué.

“Ce que cela signifie concrètement que c’est que dans cette région que le fardeau nutritionnel reste aujourd’hui principalement dominé par les déficits et non par les excès, même si nous faisons face à un triple fardeau”, a-t-il-ajouté
Selon l’expert de Nestlé, le problème lié aux carences en micronutriments n’est pas unique, ce phénomène “est multiple, simultané, interconnecté et s’observe au sein des mêmes populations, voire des mêmes ménages”.
Face à ce défi “complexe, systémique et multidimensionnel”, caractérisé par les déficits nutritionnels notamment les carences en micronutriments, “la sensibilisation seule ne suffit donc plus”.
Il estime que la lutte contre la malnutrition “doit nécessairement s’inscrire dans une approche collective et coordonnée à travers une implication de tous acteurs de l’écosystème alimentaire pour trouver des solutions concrètes, fondées sur la science et déployées à grande échelle”.
La fortification des produits alimentaires pour répondre aux carences en micronutriments
Plusieurs acteurs clés sont ainsi appelés à intervenir à différents niveaux. Il s’agit notamment des ménages et les caregivers (soignants) qui influencent directement les pratiques alimentaires, mais aussi les systèmes de santé qui assurent la prévention, le dépistage et la prise en charge.
Les gouvernements, chargés de la définition des politiques publiques et de la mise en place d’un cadre favorable pour leur mise en œuvre, les systèmes alimentaires et le secteur privé qui déterminent la disponibilité, la qualité et l’accessibilité des aliments, sont également appelés à jouer un rôle important dans cette lutte contre les carences en micronutriments.
Nestlé, à travers sa stratégie Nutrition, santé et bien-être (NHW), dit s’engager de son côté “à contribuer activement à l’amélioration du statut nutritionnel des populations, en particulier des groupes les plus vulnérables”.
La fortification des aliments est ainsi présentée par Nestlé comme un des leviers les plus efficaces pour agir à grande échelle à travers un processus de renforcement des produits alimentaires par des micronutriments, afin d’améliorer les indicateurs de santé nutritionnels.

Selon lui, conscient de cet enjeu, Nestlé a intégré cette approche au cœur de ses actions en développant des produits pour soutenir la croissance et renforcer l’immunité, améliorer les défenses naturelles de l’organisme.
Au-delà de la fortification, Nestlé vise l’amélioration progressive de la qualité nutritionnelle de ses produits afin de contribuer à la santé publique sans passer par une transformation radicale des habitudes alimentaires, condition essentielle pour assurer une adoption durable à grande échelle.
“Cette approche permet d’intégrer des micronutriments essentiels dans des matrices adaptées aux habitudes alimentaires locales, tout en développant des solutions spécifiques pour les populations les plus vulnérables, notamment les enfants”, a-t-il indiqué.
Nestlé, une multinationale spécialisée dans l’industrie agroalimentaire, est présente dans 25 pays d’Afrique Centrale et de l’Ouest, dont le Sénégal.
ABD/BK
