SENEGAL-SOCIETE
Dakar, 29 juin (APS) – Pape Ngor Thiaw, conseiller technique du ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des territoires, a mis en exergue, lundi, les avancées enregistrées dans la mise en œuvre du Programme d’appui au renforcement du système d’information de l’état civil et à la consolidation d’un fichier national d’identité biométrique.
Appelé NEKKAL, il a permis d’importantes avancées dans la modernisation de l’état civil sénégalais, grâce notamment à des réformes juridiques, à la numérisation des archives, au renforcement des infrastructures et à la digitalisation des services, selon M. Thiaw.
“Le programme NEKKAL apporte une réponse concrète aux enjeux de modernisation de l’état civil et les résultats obtenus parlent d’eux-mêmes”, a-t-il souligné à l’ouverture du comité de pilotage final de ce projet financé par l’Union européenne, exécuté par Civipol et Enabel, avec l’Agence nationale de l’état civil (ANEC) comme main d’œuvre.
Sur le plan juridique, le programme a permis la validation d’un projet de loi sur l’informatisation de la gestion des faits d’état civil, de son décret d’application ainsi que des projets de décrets relatifs à la reconstitution et à la conservation des registres.
Selon lui, le programme a également conduit à la validation de la Stratégie nationale de l’état civil, appelée à servir de cadre de référence pour les interventions dans ce secteur, ainsi qu’à la réalisation d’une étude sur l’économie et le financement de l’état civil.
M. Thiaw a fait savoir que sur le plan des infrastructures, le programme a doté le Sénégal de 26 centres d’état civil modernes, livré 65 motos aux communes et mis à la disposition des centres d’état civil 1.200 ordinateurs et 1.000 imprimantes.
Il a ajouté que NEKKAL a soutenu l’élaboration de 32 plans communaux de coordination des acteurs de l’état civil.
Évoquant la conservation des archives, le représentant du ministre de tutelle a indiqué que le programme a permis de valider un programme national de conservation des archives physiques, de numériser 10 millions d’actes et d’en indexer 20 millions, contribuant ainsi à la préservation de la mémoire administrative nationale.
En matière de renforcement des capacités, il a cité l’élaboration d’une stratégie nationale de formation, la réalisation de six capsules pédagogiques, la formation de 30 formateurs et de plus de 4.000 acteurs de l’état civil.
Le programme a, en outre, permis d’élaborer une stratégie nationale de communication et d’organiser 25 ateliers de sensibilisation ayant réuni 830 agents issus de 32 communes prioritaires, a-t-il poursuivi.
Pape Ngor Thiaw a également mis en exergue les progrès enregistrés dans la transformation numérique, avec l’interconnexion de 400 centres d’état civil, la mise en place d’une plateforme de services, le développement d’un outil de notification des naissances et des décès destiné aux structures sanitaires ainsi que d’une application de gestion de l’état civil consulaire au profit des Sénégalais établis à l’étranger.

Prenant la parole à son tour, l’ambassadeur de l’Union européenne au Sénégal, Jean-Marc Pisani, a salué des réalisations qui constituent désormais “des actifs stratégiques pour l’État du Sénégal”.
Il assure que l’Union européenne reste disposée à accompagner la phase de consolidation des acquis, notamment à travers la maintenance des infrastructures numériques, la poursuite de la numérisation des archives, le renforcement de la cybersécurité et l’amélioration de l’interopérabilité entre les administrations.
D’après le directeur général de l’Agence nationale de l’état civil, Matar Ndao, le programme NEKKAL a permis de “bâtir des fondements, d’ouvrir des perspectives et d’amorcer des réformes longuement attendues”.
Il a toutefois relevé que le système national d’état civil demeure confronté à des défis de gouvernance, de fiabilité, d’accessibilité et de conservation documentaire, plaidant pour la poursuite des efforts de modernisation.
BAB/BK
