SENEGAL-SANTE
Dakar, 30 août (APS) – Le gynécologue-obstétricien Mamadou Guèye, a alerté samedi sur la gravité des cancers féminins, en particulier ceux du sein et du col de l’utérus, déplorant le fait que la majorité des patientes consultent tardivement les spécialistes, en raison des tabous qui entourent ces maladies.
“Sur dix femmes que nous recevons pour ces cancers, sept arrivent au stade 4, le plus avancé. À ce niveau, 90 % décèdent malheureusement au bout de cinq ans”, a-t-il déclaré lors d’un panel sur les cancers uro-génitaux organisé par l’Association Actions sanitaires pour le Fouta (ASFO).
Le spécialiste a noté que cette situation est particulièrement préoccupante dans les zones rurales, notamment dans la région de Matam (nord), où les patientes se présentent à des stades très avancés.
Selon le professeur Guèye, “le retard de diagnostic compromet les chances de survie. La prévention et le dépistage précoce sont essentiels”.
“Les tabous autour de ces maladies expliquent en partie cette consultation tardive”, a-t-il souligné.
“Le cancer du col touche à l’intimité de la femme. Beaucoup hésitent à consulter malgré les saignements ou les douleurs, jusqu’à ce que la situation devienne grave. Il en est de même pour le cancer du sein”, a-t-il relevé.
Il a salué les initiatives de sensibilisation menées par l’ASFO, soulignant leur rôle crucial dans la lutte contre ces pathologies.

Le président de la commission scientifique de l’association, Abdoul Aziz Gaye, a annoncé que la 26ᵉ édition des campagnes de dépistage et de soins aura lieu du 11 au 17 septembre dans huit villages de la région de Matam.
”Elle mobilisera 110 professionnels de santé, dont des médecins spécialistes, des sages-femmes et des nutritionnistes. Lors des éditions précédentes, près de 10 000 patients ont été consultés”, a-t-il expliqué.
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