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Dakar, 1er octobre (APS) – Le Sénégal enregistre des résultats encourageants en matière de vaccination contre le papillomavirus humain (HPV), mais reste encore loin des objectifs en matière de dépistage et de prise en charge du cancer du col de l’utérus fixés par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) à l’horizon 2030, a indiqué le professeur Omar Gassama, gynécologue-obstétricien et président de la Société sénégalaise de colposcopie et de pathologie liée au papillomavirus.
‘’Il n’est pas possible d’atteindre les objectifs d’élimination du papillomavirus d’ici 20230’’, a-t-il déclaré, soulignant les insuffisances en terme de dépistage, le manque de ressources humaines et les difficultés d’accès aux traitements spécialisés.
S’exprimant en marge du 4e Congrès international et du 5e Congrès national de la Société sénégalaise de colposcopie et de pathologie liée au papillomavirus, organisé à Dakar sur le thème ‘’Sur la route de l’accélération de l’élimination du cancer du col de l’utérus’’, le professeur Gassama a néanmoins relevé les progrès réalisés dans la vaccination contre le HPV, un virus très fréquent qui infecte la peau et les muqueuses et qui est transmis principalement lors des contacts sexuels.
Il a fait état d’une couverture vaccinale qu’il estime proche de 100 %, tout en signalant des difficultés dans les régions de Ziguinchor et de Matam. Il a toutefois déploré la persistance de réticences au sein de certaines populations, liées notamment au manque d’information et à la crainte des effets secondaires.
Le président de la Société sénégalaise de colposcopie a rappelé que la stratégie mondiale de l’OMS repose sur trois objectifs : la vaccination de 90 % des filles âgées de 9 à 14 ans, le dépistage et le traitement des lésions précancéreuses chez 70 % des femmes âgées de 30 à 49 ans et la prise en charge de 90 % des femmes atteintes d’un cancer invasif du col de l’utérus.
Si le premier objectif semble à la portée du Sénégal, les deux autres demeurent difficiles à atteindre, selon le gynécologue-obstétricien.
‘’Au Sénégal, on n’est même pas à 15 % de taux de dépistage du cancer du col de l’utérus’’, a-t-il indiqué, dénonçant un dispositif de dépistage qu’il juge insuffisant et un circuit de prise en charge marqué par de nombreuses défaillances.
‘’Les malades sont dépistées et abandonnées à elles-mêmes’’, a-t-il déploré, évoquant le manque d’équipements et de personnel qualifié, qui compromet le suivi des femmes dépistées et le traitement des lésions précancéreuses.
Le spécialiste a également attiré l’attention sur les insuffisances de l’offre de soins oncologiques, notamment en matière de chirurgie et de radiothérapie, dont l’accès reste concentré dans quelques villes.
Il a estimé que le Sénégal devrait disposer d’environ 18 centres de radiothérapie au regard de sa population, alors que le pays compte ‘’moins de quatre appareils de radiothérapie’’.
Pour le professeur Gassama, ces contraintes structurelles nécessitent un renforcement des investissements dans le secteur de la santé, une meilleure répartition des infrastructures et un engagement accru des pouvoirs publics.
Il a, par ailleurs, insisté sur la nécessité de renforcer la sensibilisation des populations, des jeunes et des journalistes afin de lutter contre les réticences à la vaccination contre le HPV.
‘’Le vaccin contre le cancer du col de l’utérus est un vaccin sûr et efficace’’, a-t-il assuré, rappelant que plusieurs pays, dont l’Australie, la Finlande, l’Angleterre et le Canada, se rapprochent de l’élimination de cette maladie grâce notamment à la vaccination des filles et des garçons.
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