SENEGAL-AFRIQUE-MEMOIRE
Dakar, 18 juin (APS) – La justice réparatrice participe à la construction d’un ordre international “plus juste, plus équilibré, plus humain”, a déclaré, jeudi, à Accra, au Ghana, le chef de l’Etat, Bassirou Diomaye Faye, insistant pour “la reconstruction des ponts durablement fragilisés par l’histoire”.
“Soyons aussi clairs, la justice réparatrice ne doit pas être perçue comme une démarche tournée contre quiconque. Elle participe, au contraire, à la construction d’un ordre international plus juste, plus équilibré, plus humain”, a-t-il dit.
Il prenait part à la Conférence consultative de haut niveau sur les prochaines étapes vers l’adoption d’une résolution des Nations unies relative au commerce des esclaves africains.
Cette rencontre de trois jours (17-19) va porter sur la suite à donner à la résolution de l’Assemblée générale des Nations unies sur la Traite transatlantique des esclaves.
Selon Bassirou Diomaye Faye, avec la justice réparatrice, “il ne s’agit pas de raviver les fractures du passé mais d’empêcher qu’elles ne continuent silencieusement à produire leur effet dans le présent”.
Le président Faye estime que cette résolution historique des Nations unies sur la Traite transatlantique des esclaves, adoptée le 25 mars dernier, marque “une étape majeure pour la conscience universelle”.
Il note que “pour la première fois, la communauté internationale a reconnu avec une telle clarté l’ampleur de la tragédie humaine que furent la Traite transatlantique des esclaves et toutes les autres formes d’esclavage raciales des Africains. Des milliers d’hommes, des femmes et d’enfants furent arrachés à leur terre, à leur liberté, à leur identité et parfois même à leur nom”.
Il a déploré, tout au long du voyage vers les Amériques, les tentatives de “déshumanisation” des esclaves qui ont malgré tout su garder leur humanité.
“Leur aspiration à la dignité est restée intacte. C’est pourquoi cette résolution [des Nations unies] ne doit pas demeurer un symbole, elle doit ouvrir une nouvelle étape fondée sur la vérité, la mémoire, la justice et la responsabilité partagée”, a-t-il fait valoir.
Bassirou Diomaye Faye a soutenu que pour le Sénégal, la question des réparations renvoie à une réalité profonde comportant des dimensions historique, humaine, culturelle, mémorielle et bien entendu économique.
“Elle implique la reconnaissance des vérités historiques, la restauration des dignités, la restitution des biens culturels africains et la transmission fidèle de cette mémoire aux jeunes générations en terme de commémoration, d’éducation et de recherche”, a indiqué le président Faye.
Pour lui, la résolution des Nations unies relative au commerce des esclaves africains suppose également une lutte résolue contre le racisme et les discriminations ainsi qu’un renforcement des partenariats dans les domaines de l’éducation, de la science, de la culture et du développement.
“Elle appelle enfin un rapprochement plus profond entre l’Afrique et sa diaspora et la reconstruction des ponts durablement fragilisés par l’histoire”, a-t-il déclaré, non sans rappeler la place, jugée importante, que le Sénégal a toujours accordé au devoir de mémoire.
“Notre responsabilité aujourd’hui est de faire vivre cette mémoire à travers des actions concrètes, des actions qui raccrochent les peuples, des actions qui parlent à la jeunesse, aux artistes, aux intellectuels et à la société civile, des actions qui renforcent la coopération entre l’Afrique, les Caraïbes, les Amériques et tous les partenaires engagés dans cette démarche”, a-t-il plaidé.
FD/BK
