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Dakar, 18 jan (APS) – La Ummah se trouve dans l’obligation de promouvoir davantage une solidarité agissante afin de bannir les inégalités sociales dans le monde musulman, estime Assane Niang, membre du comité scientifique de la 146e édition de l’Appel de Seydina Limamou Layi Al Mahdi.
S’exprimant sur le thème “Solidarité islamique gage d’une prospérité nationale et inclusive”, débattu cette année lors du forum scientifique dédié à la vie et l’œuvre de Seydina Limamou Layi Al Mahdi, Assane Niang en appelle à un retour aux valeurs de l’islam pour bâtir un monde meilleur sur cette terre.
“La religion islamique a pris naissance dans la précarité, dans la promiscuité, mais de cette précarité est née une communauté juste, unie et solidaire qui a pu conjuguer les différences, taire les rivalités, bannir les inégalités sociales et aussi contribuer à l’érection d’une communauté prospère et sanctifiée”, a-t-il déclaré dans un entretien avec l’APS.
Si de nombreuses communautés musulmanes à travers le monde vivent dans une certaine prospérité, une partie de la Ummah islamique se trouve confrontée à la misère et à la précarité, souligne le spécialiste en communication institutionnelle.
Selon lui, les avertissements du prophète Mohammed (PSL) disant ne pas craindre la précarité pour sa communauté mais plutôt la prospérité, source de tentations plus fortes, se matérialisent désormais par la multiplication de conflits entre pays musulmans, suscités souvent par les rivalités sur le plan économique.
Assane Niang pointe aussi la “léthargie” dans laquelle se trouvent les organisations islamiques qui “ne font rien face aux tribulations et aux remous” auxquels sont confrontés les musulmans.
Il en appelle à des “mesures fermes” et à “une solidarité agissante prenant en compte tous les maillons de la communauté islamique”, préconisant par exemple l’institutionnalisation de la “Zakat”, l’aumône légale en islam.
La “Zakât”, aumône obligatoire versée annuellement en vertu des règles de solidarité de l’islam, est également appelée ‘’impôt social’’.
Troisième des cinq piliers de l’islam, il oblige tout musulman dont les revenus dépassent un certain seuil, à reverser aux plus démunis un pourcentage déterminé de ses avoirs.
“Lislam a pris des mesures fermes qui peuvent éradiquer beaucoup de difficultés. Prenons la zakat, si elle était institutionnalisée […]”, elle pourrait contribuer à réduire beaucoup de difficultés, laisse-t-il entendre, avant de donner en exemple un autre outil de solidarité qu’est le waqf, une donation faite à perpétuité par un particulier à une œuvre d’utilité publique.
Les musulmans se trouvent en retrait sur ‘’beaucoup de choses’’ que l’islam a enseignées au monde, des valeurs qui peuvent servir l’humanité, déplore M. Niang par ailleurs formateur à l’université Amadou Mahtar Mbow de Diamdiadio.
La 146e édition de l’Appel de Seydina Limamou Layi Al Mahdi est prévue lundi et mardi.
Les fidèles sont attendus, à cette occasion, sur les sites emblématiques de la confrérie layène à Dakar, à savoir Cambérène, Ngor et Yoff.
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