Dakar, 23 fev (APS) – Zeynab Kane, enseignante chercheuse en droit public à l’Université Alioune Diop de Bambey, a souligné, vendredi, à Dakar, la nécessité de procéder à un rééquilibrage des pouvoirs des institutions de la République afin de favoriser une bonne gouvernance et un dialogue institutionnel.

“Une des priorités qui semble essentielle, c’est le rééquilibrage des institutions. Il y a une certaine prépondérance du président de la République sur toutes les autres institutions provoquant un déséquilibre avec par exemple l’institution parlementaire’’, a-t-elle souligné.

Zeynab Kane intervenait à une table ronde organisée par le Think Tank Whati en vue de recueillir le point de vue des enseignants-chercheurs sur les priorités nationales en perspective de l’élection présidentielle au Sénégal.

“On ressent toujours une prépondérance du président de la République en atteste par exemple la récente suppression et rétablissement du poste de Premier ministre. Ce qui n’est pas une première dans l’histoire politique du Sénégal ; une illustration parfaite de la concentration des pouvoirs entre les mains du président de la République”, a-t-elle fait valoir.

Pour Mme Kane, tant que le pays évolue avec ce schéma institutionnel, un besoin fondamental de réforme va se poser afin de mettre les institutions non pas à équidistance mais au moins pour favoriser un dialogue des institutions.

L’enseignante chercheuse en droit public a salué des aspects de la dernière réforme de la Constitution de 2016 renforçant davantage les attributs de l’Assemblée nationale en termes d’évaluation des politiques publiques.

Elle a recommandé au prochain président de la République de procéder à une modification institutionnelle pouvant impacter la nature du régime politique.

Il peut aussi décider de ne plus être chef de parti et se concentrer uniquement sur sa fonction de président de la République pour rééquilibrer le jeu comme le recommandent les conclusions des Assises nationales, a laissé entendre Zeinab Kane.

Elle n’a pas manqué d’inviter le futur successeur de Macky Sall, de concert avec les autres acteurs, à œuvrer pour renforcer les capacités de l’Assemblée nationale en termes de propositions, de missions et de prérogatives.

L’universitaire a préconisé également un changement de paradigme dans le mode de désignation des députés au sein des parties politiques et coalitions pour améliorer la qualité des élus qui vont représenter les populations à l’Assemblée nationale.

“On a besoin de députés qui comprennent bien les enjeux et qui maîtrisent les missions de l’assemblée notamment le contrôle de l’action du gouvernement et l’évaluation des politiques publics”, a-t-elle martelé.

ABD/AKS/OID

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