SENEGAL-MEDIAS-REGULATION
Dakar, 25 août (APS) – Le directeur de la Communication, Habibou Dia, a exhorté, lundi, les acteurs des médias à privilégier un type de journalisme centré sur les priorités sociales.
“Ce que nous attendons, c’est un média qui s’approche pleinement aujourd’hui d’une priorité sociale émanant de la volonté populaire d’avoir un changement radical, systémique, ayant abouti à cette alternance démocratique et d’accompagner l’information publique sur les politiques publiques de développement qui sont les priorités des Sénégalais”, a-t-il déclaré.
Il a appelé les médias à ne pas suivre les logiques propres aux acteurs politiques et à privilégier plutôt le journalisme d’investigation “pour garantir la transparence”.
“Faisons du journalisme axé sur le développement, sur les résultats transformateurs et les résultats de développement du pays”, a-t-il déclaré à l’ouverture d’un atelier de deux jours portant sur ”la consolidation des recommandations issues des assises nationales des médias et des journées de concertation”.
M. Dia a indiqué que les assises de la presse ont permis de produire un rapport consolidé et inclusif, destiné à être remis au chef de l’État. Il a insisté sur la nécessité de fédérer les acteurs autour d’un document consensuel, mais aussi sur l’importance de mettre en avant des résultats transformateurs pour le pays.
Abordant la réforme du Fonds d’appui et de développement de la presse (FADP), il annonce l’introduction de nouvelles obligations de transparence dans la gestion, notamment la séparation des fonctions d’ordonnateur et de comptable, ainsi qu’une meilleure formation des jeunes reporters.
Le directeur de la Communication a plaidé, dans cette perspective, une implication accrue du Centre d’études des sciences et techniques de l’information (CESTI), l’école de journaliste de l’université Cheikh Anta Diop de Dakar, et de l’ADPME.
Il estime que le CESTI et l’Agence de développement et d’encadrement des Petites et moyennes entreprises (ADPME) peuvent contribuer à l’accompagnement technique et financier des médias, soulignant que ”les journalistes ne peuvent, seuls, porter les défis de structuration économique du secteur”.
À propos de la régulation des contenus et de la publicité en ligne, il a insisté sur l’urgence d’appliquer les dispositions du code de la presse de 2017, notamment la mise en place d’une instance autonome de validation des médias numériques.
”Aujourd’hui, 411 médias en ligne sont recensés, mais seuls 65 répondent aux critères de conformité. Cela pose la question de la qualité et de la traçabilité de l’information diffusée”, a-t-il relevé.
Le directeur de la Communication est revenu sur la nécessité de consolider les réformes en cours dans le secteur des médias, en privilégiant une régulation adaptée au contexte social et politique.
”Nous avons traversé une année et demie de turbulences liées à l’application du Code de la presse. L’expérience a montré que l’application mécanique de la loi, sans tenir compte du dispositif social, peut générer tensions et incompréhensions”, a reconnu Habibou Dia.
Le président du comité scientifique des assises des médias, Matar Silla, a insisté sur la nécessité de rechercher des ”solutions pratiques, consensuelles et concertées” pour relever les défis auxquels le secteur de la presse se trouve confronté, soulignant que les médias sont ”un accélérateur” indispensable à tout plan de redressement national.
Le président du comité scientifique a plaidé pour une meilleure prise en compte des producteurs indépendants, ”pourvoyeurs de contenus essentiels” dans le documentaire, les magazines ou l’investigation, estimant qu’aucun pays ne peut développer son audiovisuel sans leur implication.
”Faisons front commun, dépassons les divergences et travaillons à préserver la place de référence qu’occupe le Sénégal en Afrique et dans le monde dans le domaine des médias”, a-t-il conclu.
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