SENEGAL-DRAME-COMMEMORATION-PROFIL
Par Charles Senghor
Dakar, 26 sept (APS) – Après le décès de son père dans le naufrage du bateau “Le Joola”, Aly Sow, pris en charge jusqu’à sa majorité par l’Office des pupilles de la nation qui lui a permis de bénéficier une formation. Il est devenu un entrepreneur qui rêve grand.
Agé aujourd’hui de 28 ans, Aly Sow est devenu un entrepreneur grâce aux services de l’Office des pupilles de la nation (ONP), mis en place par la loi n° 2006-39 du 21 novembre 2006 pour assister les orphelins du naufrage du bateau “Le Joola”, l’une des plus grandes tragédies maritimes survenue dans la nuit du 26 au 27 septembre 2002.
“Après le décès de mon père, l’Office des pupilles de la nation m’a assuré les études du primaire jusqu’au secondaire. Par la suite, il a pris en charge ma formation jusqu’à l’obtention du Certificat d’aptitude professionnelle (CAP) et du Brevet d’études professionnel (BEP) en mécanique, électronique automobile”, a retracé Aly Sow.
Grâce à cette formation, le garçon de près de 1,80 mètres, issu d’une famille de 9 enfants, a décidé d’embrasser l’entreprenariat en se lançant dans l’entretien automobile et la vente d’accessoires automobile.
“J’ai investi dans le secteur de l’automobile pour essayer d’être autonome, pour ne pas vivre d’aide [car] moi aussi, je veux aider les autres”, a dit celui qui était âgé d’environ 6 ans lors du naufrage du bateau “Le Joola”
Dans son entreprise située à la cité APIX de Keur Massar, au bord d’une rue où sont alignés quatre véhicules, Aly Sow s’active avec ses 7 employés à les nettoyer.

Marié il y a moins de quatre mois, il se dit fier de son nouveau statut d’entrepreneur, qui lui offre la possibilité d’être autonome, car “on ne peut pas toujours vivre d’aide”.
Même si le statut de pupille de la nation ne peut combler la perte d’un père, il lui a cependant permis de mieux se relancer, d’être autonome, de ne pas “toujours tendre la main à maman”.
Fort de ses sept employés à temps plein, Aly Sow rêve grand, espérant devenir un jour un grand concessionnaire de véhicules au Sénégal.
Il se dit “incapable” de rester insensible quand il s’agit de se donner pour l’Office des pupilles de la nation dont il n’est pourtant plus membre depuis 2020.
“Je participe à toutes les activités auxquelles on me convie. Je pense que c’est la moindre des choses, car c’est grâce à cette cet office que j’ai pu bénéficier d’une formation pour me lancer dans l’entreprenariat… Ils ont payé mes études primaires et secondaires, et ma formation professionnelle”, rappelle-t-il, reconnaissant.
Vagues souvenirs
Aly Sow ne garde que de très vagues souvenirs de la tragédie du bateau “Le Joola” qui a emporté son père, El Hadj Abdoulaye Sow.
“A l’époque, j’avais entre 6 et 7 ans et comme tout enfant, je n’avais rien ressenti. On s’est réveillé un beau jour, on nous a dit que notre père est décédé dans le bateau +Le Joola+. On ne connaissait pas le bateau […] On n’a pas vu de corps. On voyait les parents et voisins pleurer. On ne comprenait rien”, a-t-il raconté.
Aly Sow juge d’ailleurs peu indiqué de parler de la tragédie du bateau “Le Joola”, qui lui a privé à jamais d’un père.
“Ce sont des souvenirs tragiques qui ne sont pas bons à rappeler. Nous avons perdu un père, d’autres des mères, des frères et des sœurs”, a-t-il souligné, sur un ton triste.
CS/HK/BK/MTN


