SENEGAL-SANTE-SOCIAL
Dakar, 10 mars (APS) – Le Syndicat autonome des médecins du Sénégal (SAMES) a annoncé mardi avoir déposé un préavis de grève pour protéger, contre d’éventuelles conséquences, les professionnels de la santé impliqués dans l’affaire dite Softcare, partie de la découverte de matières premières périmées dans une usine de cette filiale d’un groupe chinois, spécialisée dans la fabrication de couches pour bébés et de serviettes d’hygiène.
“Nous n’accepterons jamais que les ressources humaines de la santé, de quelque catégorie socioprofessionnelle qu’elles soient, puissent être attaquées […]. Le SAMES s’est résolu à déposer un préavis de grève pour la circonstance”, a déclaré Diabel Dramé, son secrétaire général, lors d’une conférence de presse.
Cette rencontre était animée par des sections du SAMES et du Syndicat unique des travailleurs de la santé et de l’action sociale (SUTAS) au sein de l’Agence de régulation pharmaceutique (ARP).
L’Agence de réglementation pharmaceutique (ARP) avait demandé, le 8 décembre, le retrait du marché des produits de la marque Softcare après la découverte de ces matières premières périmées, avant de faire volte-face une semaine plus tard, assurant que ces dernières n’auraient pas été utilisées dans la fabrication des couches.
Une polémique en a résulté, conduisant à l’ouverture d’une enquête conjointe (services de la Santé, du Commerce et une mission d’information de l’Assemblée nationale) dont les conclusions ont été rendues publiques par le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Ibrahima Sy, le 5 mars dernier.
Selon M. Sy, cette enquête a établi que les matières premières utilisées par cette société ne contiennent pas de substances dangereuses pour la santé.
Il a également fait état de défaillances dans la procédure d’inspection menée par l’ARP, évoquant des alertes non suffisamment étayées et créant une psychose au sein de la population.
Les syndicats du secteur ont réagi à ce sujet, parlant d’une mal gouvernance au sein de l’agence de régulation pharmaceutique et annonçant une grève imminente à l’échelle de Dakar puis au niveau national.

Le SAMES va consulter ses instances supérieures habilitées à lui donner mandat d’engager une jonction des luttes avec le SUTSAS, “mais on va appuyer la lutte locale d’un cran en passant d’abord par le niveau régional et ensuite national”, a déclaré son secrétaire général.
“La situation actuelle dépasse largement le cadre d’une simple polémique administrative. Elle constitue une menace directe pour la sécurité sanitaire des populations et remet en cause la crédibilité de notre système de régulation pharmaceutique. C’est pourquoi nous demandons la mise en place d’une commission d’enquête indépendante impliquant l’OFNAC et l’IGE”, a renchéri Mariama Thiam du Syndicat unique des travailleurs de la santé (SUTSAS) de l’ARP.
“La jonction des luttes syndicales demande également un audit complet des procédures d’homologation, d’inspection et de délivrance des certificats au sein de l’ARP”, de même que “la publication transparente et détaillée des saisies réellement effectuées dans la lutte contre les médicaments illicites”, a ajouté Mme Thiam.
Ces syndicalistes considèrent que “le droit des Sénégalais à des produits de santé sûrs, efficaces et de qualité n’est pas négociable”, estimant qu’il est “impératif que toute la lumière soit faite [sur cette affaire Softcare] avant qu’un véritable drame sanitaire ne survienne”.
NSS/BK/SMD/MTN

