SENEGAL-COLLECTIVITES-PLANIFICATION
Dakar, 20 avr (APS) – Le ministre de l’Urbanisme, des Collectivités territoriales et de l’Aménagement des territoires, Balla Moussa Fofana, a insisté, lundi à Dakar, sur la nécessité de doter l’action publique d’outils scientifiques capables d’éclairer les décisions et de renforcer l’efficacité des interventions territoriales.
“Dans un contexte marqué par les transformations profondes de notre organisation territoriale, il est impératif de disposer d’outils capables de nous éclairer, de structurer nos choix et de renforcer l’efficacité de nos interventions. C’est précisément le sens des indices que nous avons soumis à votre appréciation”, a-t-il déclaré.
Il présidait un atelier consacré à la validation scientifique de l’indice composite de la dynamique territoriale (ICDT) et de la viabilité territoriale (ICVT), en présence du recteur de l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) de Dakar, Alioune Badara Kandji.
Des acteurs des collectivités territoriales, des membres de la communauté d’experts internationaux, des économètres, chercheurs, étudiants, partenaires techniques et financiers ont pris part à cet atelier.
Le ministre de l’Urbanisme a relevé que les transformations profondes de l’organisation territoriale imposent une meilleure structuration des choix publics à travers des instruments d’analyse adaptés.
Les indices soumis à validation, a-t-il expliqué, traduisent une ambition de mieux comprendre les réalités territoriales afin d’accompagner, en conséquence, les dynamiques locales.
Selon Balla Moussa Fofana, l’indice composite de la dynamique territoriale vise notamment à analyser les trajectoires de croissance, les facteurs de blocage et les processus de transformation à l’œuvre dans les territoires.
En complément, l’indice composite de viabilité territoriale permet d’évaluer la capacité des collectivités à fonctionner durablement, à assurer leurs missions et à répondre aux attentes des populations.
Les deux outils offrent “une lecture intégrée, cohérente et stratégique” du territoire national, tout en reposant sur une exigence de robustesse technique et scientifique.
Il a ainsi invité les experts à interroger les choix méthodologiques, à apprécier la pertinence des indicateurs retenus et à proposer des améliorations, soulignant que ce travail critique est indispensable pour garantir la qualité, la crédibilité et l’acceptabilité des instruments élaborés.
Balla Moussa Fofana a rappelé que cet atelier ouvre la voie à une phase d’opérationnalisation visant à intégrer ces outils dans les processus de planification et de décision.
Le principal enjeu, a-t-il dit, est de faire en sorte que ces indices deviennent des instruments concrets, utilisés au quotidien par les acteurs publics, et non de simples outils théoriques.
Dans cette perspective, il a identifié plusieurs défis, notamment l’appropriation des outils par les acteurs territoriaux, la disponibilité et la fiabilité des données, ainsi que la mise en place d’une gouvernance fondée sur une coordination renforcée et un partage transparent des résultats.
Le ministre a également souligné que cette démarche s’inscrit dans une orientation stratégique de l’État visant à inscrire durablement l’action publique dans la science, la donnée et l’évaluation.
“Il ne s’agit pas simplement d’introduire de nouveaux outils, mais de transformer notre manière de faire”, a-t-il indiqué, plaidant pour une transition d’une logique intuitive à une approche analytique, d’une action réactive à une action anticipative.
Il expliqué que ces indices contribueront à orienter les investissements publics, à renforcer la cohérence des politiques territoriales, à améliorer l’efficacité de la décentralisation et à promouvoir un meilleur équilibre entre les territoires.
Il a plaidé pour la construction d’un système territorial “plus équilibré, plus viable et plus inclusif”, dans lequel chaque territoire pourra valoriser son potentiel et améliorer les conditions de vie des populations.
Balla Moussa Fofana a exprimé le souhait que les recommandations issues de cet atelier soient pleinement prises en compte et que les indices deviennent, à court terme, des références dans le débat public territorial.
AN/BK

