SENEGAL-ECONOMIE-HOMMAGE
Dakar, 1er juin (APS) – La présidence de Me Abdoulaye Wade (2000-2012) a été marquée par une politique ambitieuse de grands travaux ayant profondément transformé le paysage infrastructurel du Sénégal grâce à une mobilisation soutenue des investissements publics et privés.
Arrivé au pouvoir en mars 2000 sous le slogan “Sopi” (Le changement, en wolof), le fondateur du Parti démocratique sénégalais (PDS) s’engament très rapidement dans la réalisation d’infrastructures publiques, l’un des principaux leviers de sa politique économique. Son ambition était alors de positionner Dakar comme un hub régional des affaires, du transport et du tourisme.
Sur le plan budgétaire, les chiffres traduisent une montée en puissance de l’investissement public durant cette période, le budget national passant d’environ 516 milliards de francs CFA avant 2000 à plus de 2 200 milliards de francs CFA en 2012, selon les données de la direction générale du Budget.
Les investissements et les grands travaux occupent une place prépondérante dans la gouvernance de Me Abdoulaye Wade, orientation se traduisant notamment par la création, dès 2000, de l’Agence nationale chargée de la promotion de l’investissement et des grands travaux (APIX-SA), qui pilote la réalisation de grands projets d’infrastructures. Depuis sa création, l’APIX travaille en étroite collaboration avec les entreprises et les investisseurs afin d’accélérer les projets d’investissement et de contribuer au développement économique du Sénégal.
Le volume des investissements privés progresse également, passant de 467 milliards à près de 1 395 milliards de francs CFA sur la même période.
En 2012, les investissements publics atteignaient 830,99 milliards de francs CFA, contre plus de 467,8 milliards de francs CFA pour les investissements directs étrangers (IDE). Globalement, le taux d’investissement représentait 23,9 % du produit intérieur brut (PIB).
Cette dynamique s’accélère particulièrement avec l’organisation du sommet de l’Organisation de la conférence islamique (OCI), tenu à Dakar en mars 2008.
Les autorités sénégalaises utilisent cet événement comme levier diplomatique et économique pour attirer des capitaux étrangers, notamment en provenance des pays du Golfe.
Pour piloter les projets liés au sommet, l’État met en place l’Agence nationale de l’Organisation de la conférence islamique (ANOCI), dirigée par Karim Wade.
Selon les chiffres avancés à l’époque, près de 340 milliards de francs CFA avaient été mobilisés pour financer des infrastructures routières, hôtelières et urbaines.
Les travaux réalisés dans ce cadre transforment durablement le paysage dakarois. Plus de 40 kilomètres de routes ont été réaménagés à travers la capitale, où de nouveaux échangeurs et axes routiers ont vu le jour, tandis que la Corniche-Ouest a été modernisée et relookée afin d’améliorer la mobilité urbaine.
Le régime de Wade engage également plusieurs projets structurants devenus emblématiques de cette période, dont l’autoroute à péage Dakar-Diamniadio, un des principaux symboles de cette politique d’infrastructures.
À cela s’ajoutent la construction de l’aéroport international Blaise-Diagne, la modernisation du Port autonome de Dakar ainsi que l’extension des capacités hôtelières de la capitale.
Dans le secteur hôtelier, plusieurs établissements haut de gamme ont été construits afin de positionner Dakar sur le marché du tourisme d’affaires.
Les investissements hôteliers liés au sommet de l’OCI sont estimés à environ 240 milliards de francs CFA, permettant la création de plusieurs milliers d’emplois, selon les données communiquées à l’époque par l’ANOCI.
Le Sénégal attire alors plusieurs groupes étrangers, notamment des investisseurs émiratis, saoudiens et koweïtiens.
Le groupe DP World obtient la concession du terminal à conteneurs du Port autonome de Dakar, tandis que le groupe saoudien Ben Laden décroche le marché de construction de l’aéroport international Blaise Diagne.
Les autorités sénégalaises défendent alors une stratégie fondée sur les infrastructures comme moteur de croissance.
La réduction du délai de création d’une entreprise, passé de 58 jours à deux jours, ainsi que la baisse de l’impôt sur les sociétés de 35 % à 25 %, participent également de cette politique d’attractivité économique.
Pour les partisans de Me Wade, ces mesures ont permis de résorber une partie du déficit infrastructurel du pays. De fait, plusieurs ouvrages réalisés durant cette période demeurent aujourd’hui au cœur du fonctionnement économique et urbain du Sénégal.
Il reste toutefois que cette politique de grands travaux a également suscité des interrogations sur le coût des investissements, la gestion des marchés publics et la transparence dans l’attribution de certains contrats.
Des critiques ont notamment visé l’ANOCI ainsi que la concentration de plusieurs projets stratégiques autour de Karim Wade.
Malgré ces controverses, les infrastructures réalisées sous le régime de Me Abdoulaye Wade figurent parmi les transformations les plus marquantes du Sénégal contemporain.
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