SENEGAL-AGRICULTURE-REPORTAGE
Kameubeul (Oussouye), 16 mai (APS)- Les fermes familiales bénéficiant du soutien de l’Agence nationale d’insertion et de développement agricole (ANIDA) dans la région de Ziguinchor (sud) contribuent à renforcer l’ambition du pays d’atteindre la souveraineté alimentaire grâce à la modernisation des exploitations agricoles rurale.
Elles sont devenues de nouvelles sources de revenus pour les familles, tout en étant d’un grand apport dans la création d’emplois.
Une visite de terrain organisée par l’ANIDA dans cette région autrefois considérée comme le grenier agricole du Sénégal, permet de mieux s’imprégner de cette réalité traduisant un nouvel envol dans les localités rurales.
A neuf heures ce jeudi, cap sur Oussouye, avec comme première étape la ferme familiale de Gracia Diédhiou, appelé “Paradis terrestre”.
Après Oussouye, il faut emprunter la route d’Elinkine, parcourir environ quatre kilomètres sur une piste sablonneuse avant d’arriver à cette ferme située à Kahinda, dans la commune d’Oukout.
Sur place, des bovins, des plantations et toute la famille de Gracia Diédhiou accueillent les visiteurs.

“Gracia Diédhiou habite ici dans sa ferme. Elle y vit et gagne des revenus importants grâce à cette exploitation”, souligne Malick Ba, le chargé de la communication de l’ANIDA.
“Paradis terrestre”, un modèle de réussite rurale
Installée depuis 2016 avec l’accompagnement de l’ANIDA, la ferme familiale baptisée “Paradis terrestre” est considérée comme un modèle de réussite.
Nazer Diatta, l’époux de Gracia Diédhiou, explique que toute la famille vit désormais des revenus générés par la terre. “Tout ce que nous mangeons et la scolarité des enfants proviennent de la ferme”, dit-il.
Sur les 14 hectares que couvre la ferme familiale, quatre sont actuellement exploités avec l’appui de l’ANIDA.
Les activités de la ferme tournent autour du maraichage, des cultures associées; pratique consistant à cultiver plusieurs espèces ou variétés végétales sur une même parcelle et de l’arboriculture.
Plus de 10.000 plants sont par exemple produits dans cette ferme et commercialisés, notamment des plants greffés destinés à différents partenaires agricoles.
La culture phare reste toutefois la passiflore, plus connu sous le nom de fruit de la passion. Cultivée en association avec le piment, cette spéculation représente une importante source de revenus pour la famille.

“Sur un hectare, nous pouvons réaliser un chiffre d’affaires annuel de 30 à 40 millions de francs CFA”, indique Nazer Diatta, précisant que les fruits sont particulièrement recherchés par les hôtels de la zone touristique du Cap-Skirring.
En plus de ses activités traditionnelles, l’exploitation de la famille Diatta accueille régulièrement des stagiaires et des jeunes en formation, contribuant ainsi à rendre l’agriculture attrayante aux yeux de nombreux jeunes de la commune d’Oussouye. “Nous participons au développement local en formant des jeunes qui viennent apprendre ici”, explique le chef de la famille Diatta.
L’ANIDA mise sur la modernisation des exploitations familiales
Pour le directeur technique de l’ANIDA, Mame Mor Guèye, l’exemple de la ferme “Paradis terrestre” démontre l’importance de soutenir les exploitations agricoles familiales.
Il a fait remarquer que dans la plupart des cas, les ménages ruraux disposent de petites superficies de un à trois hectares et ne travaillent souvent que quelques mois dans l’année à cause du manque d’eau.
La nouvelle orientation de l’ANIDA vise à moderniser ces exploitations grâce à des équipements adaptés: forage ou puits hydraulique, pompage solaire, réseaux d’irrigation et clôtures de sécurisation.
L’objectif est de permettre aux familles rurales de produire durant les douze mois de l’année et d’augmenter durablement leurs revenus, a-t-il indiqué.

Les membres de cette mission de terrain se sont ensuite rendus à Kameubeul Manjacque, dans la commune d’Enampor, pour visiter la ferme familiale d’El Hadji Ibrahim Diallo.
Là aussi, après plusieurs kilomètres sur une route sablonneuse, les visiteurs découvrent une exploitation agricole transformée grâce à l’appui de l’ANIDA. Papayers, orangers, manguiers et ananas sont ici cultivés sur plus de quatre hectares.
Un terrain nu devenu une ferme productive
Selon Mame Mor Guèye, cette exploitation était à l’origine un terrain totalement nu. L’ANIDA y a installé un puits hydraulique, un système solaire, une pompe, un réseau d’irrigation ainsi qu’un poulailler.
“Aujourd’hui, cette ferme procure une réelle fierté et montre que le travail de terrain commence à porter ses fruits”, se réjouit le directeur technique de l’ANIDA.

Il considère que le développement des petites exploitations familiales constitue la clé pour atteindre la souveraineté alimentaire au Sénégal.
“Si l’Etat met davantage de moyens dans l’accompagnement des exploitations familiales agricoles, il est possible d’atteindre cet objectif à l’horizon 2030”, soutient-il.
A travers cette mission de terrain dans la région de Ziguinchor, l’ANIDA entend démontrer que l’agriculture familiale modernisée peut devenir un moteur du développement économique et social des terroirs. “On n’a pas besoin de migrer pour réussir. Avec un accompagnement adapté, les jeunes peuvent gagner leur vie chez eux”, conclut Mame Mor Guèye.
MNF/FKS/HB/BK/SBS

