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Tambacounda, 4 août (APS) – À Tambacounda, une initiative familiale de fabrication traditionnelle du pain “tapalapa”, portée par des femmes à travers l’entreprise Nourou Pâtisserie, séduit de plus en plus de consommateurs. Ses promotrices, en vrais hérauts de l’entrepreneuriat féminin, appellent toutefois les autorités à les accompagner, notamment par un appui en matériels.
Dans cette ville du Sénégal oriental, le climat est déjà chaud en cette matinée, avec des passages nuageux denses typiques d’une saison des pluies.
Non loin du rond-point Abdou Cissokho, où se trouve l’entreprise Nourou Pâtisserie, la circulation, majoritairement dominée par des deux-roues, est dense mais fluide.
Nichée au cœur du quartier populaire Dépôt, aux abords du Mamacounda, un bras de fleuve qui traverse d’Est en Ouest plusieurs zones de la ville de Tambacounda, Nourou Pâtisserie se trouve à l’intérieur de la maison familiale de Coumba Diallo, l’initiatrice principale du projet.
Des débuts difficiles
A l’entrée de la concession familiale, l’odeur du ”tapalapa” accueille visiteurs et acheteurs. A 8 heures, les premières fournées sont déjà cuites, occasionnant les va-et-vient de quelques voisins venus s’approvisionner pour les besoins du petit-déjeuner.
À l’intérieur de la maison familiale, le visiteur découvre un four traditionnel en terre cuite, d’où s’échappe une forte chaleur malgré l’air frais matinal.
Coumba Diallo, l’initiatrice principale de ce projet, matriarche de la famille, est âgée d’une cinquantaine d’années, dont une trentaine passées au quartier populaire Dépôt. Passionnée de la boulangerie traditionnelle, elle a eu toute seule l’idée de se lancer dans une telle activité sans aucune formation.

“J’aime la pâtisserie depuis très longtemps. Avant de me lancer dans ce projet, je n’avais jamais reçu de formation. Je ne l’ai pas hérité non plus de mes parents. J’ai juste aimé passionnément ce métier”, dit-elle.
Avec l’aide des épouses de ses deux fils et parfois de ses enfants pendant les vacances scolaires, Coumba a mis en œuvre son projet qui, au début, a connu plusieurs échecs.
“Quand on a fini de construire le four, on a aussitôt commencé à mélanger la farine et entamé le processus de fabrication du pain +tapalapa+, mais on n’y arrivait pas. Notre pain n’était pas de qualité pour que je le mette à la vente”, se souvient-elle.
Quelques mois après le lancement de son initiative, Coumba a rencontré un jeune boulanger aguerri venu chez elle pour acheter de la glace. Ce dernier accepta de l’accompagner dans son projet.
Deux-cent “tapalapa” par jour
Après une période d’apprentissage auprès de ce jeune boulanger, Coumba et ses deux assistantes finissent par comprendre et maîtriser la technique de fabrication traditionnelle du pain. ‘’Ce jeune nous a beaucoup aidées. Il abandonnait son travail pour nous former. Il est notre maître”, sourit Coumba Diallo.
“Nous avons également appris beaucoup de choses à travers les réseaux sociaux et les tutoriels sur YouTube. Malgré tous ces efforts, notre projet a traîné, puisqu’on l’a lancé en 2020, mais il a fallu attendre trois ans plus tard, pour qu’on puisse voir les retombées de notre activité”, poursuit-elle.

Les discours stéréotypés et autres clichés n’ont pas eu d’emprise sur la volonté de Coumba Diallo de poursuivre sa lancée.
Selon elle, beaucoup se sont étonnés de voir des femmes fabriquer du pain +tapalapa+ et ont montré leur étonnement de voir des boulangères.
“Nous ne nous sommes pas laissées distraire, et actuellement nous fabriquons 200 pains par jour que nous distribuons auprès des boutiquiers de la place”, affirme-t-elle.
Plaidoyer pour l’acquisition d’une batteuse de farine
Le projet étant pleinement en marche, Coumba Diallo a désigné l’une de ses belles-filles, Aminata Bâ présidente de Nourou Pâtisserie. Agée de 26 ans, elle est chargée de porter cette entreprise familiale et de s’assurer de son bon fonctionnement. Teint noir, taille moyenne et pleine d’entrain, Aminata Ba ambitionne de porter très haut cette entreprise.
Dès les premières lueurs de l’aube, elle supervise la bonne préparation du pain, vérifie l’état des longues plaques à baguettes et les tables en bois servant à pétrir la farine.
“Nous nous réveillons à 4h30 pour pétrir la farine. Et après la prière de l’aube, nous revenons pour continuer le travail. Nous le faisons chaque jour, sauf le vendredi qui est notre jour de repos. C’est difficile, mais c’est notre passion”, dit Coumba, fière.

En plus du pain traditionnel, Nourou Pâtisserie reçoit des commandes pour la fabrication d’autres produits tels que les fatayas, les hamburgers et les pizzas.
Pour un passage d’échelle, la présidente de Nourou Pâtisserie plaide pour le soutien de l’Etat, afin d’améliorer leurs conditions de travail et mieux répondre aux besoins des consommateurs.
“Nous demandons aux autorités de nous aider, car il faut savoir que Nourou Pâtisserie est actuellement portée par des jeunes femmes qui méritent d’être soutenues. Nous voulons que les autorités nous aident à avoir un pétrin pour le mélange de la farine”, lance-t-elle.
En attendant, avec les moyens du bord et armées d’une détermination sans faille, ces boulangères ne rechignent pas à mettre la main à la pâte, faisant le leur l’adage qui dit ; ”Aide-toi, le ciel t’aidera”.
ABD/FKS/HB/ABB/MTN


