SENEGAL-ALLEMAGNE-CINEMA
De l’envoyée spéciale de l’APS : Khadidiatou Mendy
Berlin (Allemagne) 14 fév (APS) -Le renforcement de compétences des cinéastes, producteurs et distributeurs ainsi que la protection des artistes contre les dangers de l’intelligence artificielle ont été entre autres sujets abordés au cours d’une rencontre samedi en marge de la Berlinale entre acteurs français et officiels sénégalais, a constaté l’envoyée spéciale de l’APS à Berlin.
Le secrétaire d’Etat sénégalais à la Culture, aux industries créatives et au Patrimoine historique Bakar Sarr a reçu en marge du festival de la Berlinale les responsables de la structure cinématographique française UniFrance.
‘’Nous allons faire en sorte que dans les contrats que nous signerons les jeunes, les acteurs, producteurs et distributeurs puissent atteindre les standards internationaux avec des compétences modernes afin d’accroitre leur potentiels et mieux exceller dans l’art”, a affirmé M. Sarr.
M. Sarr s’exprimait en marge d’une audience qu’il a accordée à UniFrance, une structure agissant comme un bras diplomatique de la France dans le secteur du cinéma, dont la mission reste la promotion du cinéma et de la culture française, l’accès aux plateformes étrangères et l’attraction de partenaire.
Les grands axes de cette rencontre ont porté sur les possibilités de collaboration en matière de production (co-production) pour plus de rentabilité et de visibilité pour les deux parties, la protection des cinéastes et de leurs propriétés intellectuelles mais également une illustration du Sénégal en matière de diplomatie culturelle.
‘’Cela permettra de valoriser le savoir-faire sénégalais, les valeurs sénégalaises, les paysages sénégalais et la culture sénégalaise à travers les films pour plus de présence dans les vitrines mondiaux’’, a dit Bakary Sarr.
Selon lui, il sera également question dans les contrats potentiels entre la partie sénégalaise et UniFrance, de ”restructurations aux regards des déséquilibres observés dans le cadre de conventions existantes”.
‘’ Certains contrats de coproduction mal négociés créent beaucoup de difficultés. Nos réalisateurs, nos créateurs perdent en visibilité et souvent leurs produits. D’énormes soucis se posent également dans le partage des droits’’, a confié le secrétaire d’Etat.
‘’Il y a des corrections à apporter. Nous allons examiner les cadres réglementaires qu’il faudra mettre en place’’, a poursuivi M. Sarr.
A l’en croire,’’ l’Afrique elle-même dispose d’un grand potentiel mais c’est le cadre règlementaire cinématographique qui contribue à sa sous-exposition”.

Il a soulevé ”l’urgence de moderniser nos plateformes, de se prémunir contre les dangers de l’intelligence artificielle qui menace les productions et les acteurs et de négocier des contrats mutuellement bénéfiques pour ne pas se faire phagocyter par les grandes firmes étrangères”.
Le directeur de la cinématographie nationale, Germain Coly, a insisté sur le partage d’expertise dans les contrats, les parts pour chaque partie et la formation des cinéastes.
M. Coly a fait l’annonce d’un séminaire intergouvernemental sur la culture et le cinéma entre le Sénégal et la France en mars prochain.
Le Sénégal et la France ont réactualisé leurs accords de cooproduction en mai 2022.
Dans cet élan, le secrétaire permanent du Fonds de promotion de l’industrie cinématographique et audiovisuelle, Alioune Kéba Badiane, a prôné une redynamisation du cinéma locale à travers la collaboration franco-sénégalaise, avec un déploiement des instituts dans les autres régions comme c’est le cas pour les régions de Dakar, Saint-Louis, Ziguinchor et Kaolack.
KM/FKS/MTN

