SENEGAL-SOCIETE
Dakar, 12 jan (APS) – Le directeur des Archives du Sénégal, Lat Sack Diop, a appelé, lundi, à une meilleure appropriation des archives et à la mise en place d’un cadre national de sauvegarde et de valorisation des archives audiovisuelles, estimant que leur conservation constitue un enjeu majeur pour la mémoire collective et la gouvernance.
Il intervenait lors de la journée de réflexion sur les ‘’Archives visuelles : sources, usages et création’’, organisée dans le cadre du projet FESËL, dédié à la préservation, la valorisation et la transmission du patrimoine audiovisuel et cinématographique sénégalais.
Dans sa communication intitulée ‘’Quel est le rapport aux archives audiovisuelles au Sénégal ?’’, M. Diop a rappelé que les archives représentent un patrimoine matériel et immatériel stratégique, essentiel à l’administration, à la transparence publique et à la transmission de l’histoire nationale.
Il a indiqué que les Archives du Sénégal, placées sous la tutelle de l’administration générale de l’État, ont pour mission de ‘’collecter, classer, conserver et communiquer les documents produits par l’État et ses démembrements’’, soulignant que le pays conserve notamment les archives de l’’’ex-AOF, de la Fédération du Mali et plusieurs grands fonds, dont celui du Sénégal indépendant, ouvert depuis 1960’’.
Abordant le rapport de la société sénégalaise aux archives, le directeur des Archives a relevé une ‘’appropriation limitée’’ et essentiellement ‘’utilitariste’’ de ces ressources par les citoyens, ainsi qu’une ‘’faible culture de conservation au sein de l’administration, marquée par un manque d’archivistes, d’infrastructures adaptées et de moyens techniques’’.
S’agissant des archives audiovisuelles, il a précisé qu’elles regroupent les archives radiophoniques et télévisuelles, les archives orales et les productions audiovisuelles institutionnelles, conservées sur des supports souvent ‘’exposés à l’obsolescence et à la dégradation’’.
Lat Sack Diop a déploré l’’’absence d’un dispositif juridique de dépôt légal audiovisuel et d’une structure nationale dédiée à leur conservation’’, tout en saluant ‘’la prise de conscience récente des autorités, illustrée par les orientations en faveur de la construction d’une Maison des archives et d’un programme national de développement du secteur’’.
Il a identifié comme principaux défis ‘’le déficit de compétences spécialisées, l’insuffisance des financements, la faiblesse des infrastructures et la nécessité d’accélérer la numérisation des fonds’’.
Estimant que la perte de ce patrimoine constituerait un ‘’préjudice irréversible’’ pour la mémoire nationale, il a plaidé pour un ‘’renforcement du cadre juridique et institutionnel, le développement de partenariats et une sensibilisation accrue des décideurs et du public’’.
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