Zone de captage de Pout : le niveau de la nappe baisse chaque année “entre 6 centimètres et 1 mètre” (responsable)
Zone de captage de Pout : le niveau de la nappe baisse chaque année “entre 6 centimètres et 1 mètre” (responsable)

SENEGAL-HYDRAULIQUE-RESSOURCE

Thiès, 11 juin (APS) – Le niveau de la nappe phréatique de la zone de captage de Pout, alimentant à 80% les villes de  Dakar, Thiès et Mbour, baisse jusqu’à hauteur d’un mètre par an, a-t-on appris du directeur de la gestion et de la planification des ressources en eau (DGPRE), Bakary Faty.

“La nappe phréatique qui alimente le triangle Dakar, Thiès et Mbour, à hauteur de 80%, en termes de prélèvement et de soutien des activités industrielles de la zone, baisse entre 0,6 mètre et un mètre par année”, a notamment indiqué M. Faty, mercredi, lors d’un atelier de sensibilisation tenu à la préfecture de Thiès.

Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du projet de protection des ressources en eau de la zone de captage de Pout, à travers des solutions fondées sur la nature.

Il s’agit là d’une initiative du gouvernement sénégalais, à travers la DGPRE, avec un financement sous forme de don de l’Agence française de développement (AFD).

Elle entre dans une dynamique visant une gestion rationnelle des ressources en eau par les usagers dans la zone de Pout.

“L’aquifère de Pout alimente le triangle Dakar, Thiès et Mbour, à hauteur de 80 %, en termes de prélèvement et de soutien des activités industrielles dans la zone, qui ne sont pas les moindres”, a souligné Bakary Faty, selon qui ces prélèvements ont un impact significatif sur la nappe.

Il a renseigné que le niveau de la nappe baisse chaque année “entre 6 cm et 1 m”, une tendance  baissière se traduisant par l’assèchement du lac Tanma, parce que, insiste-t-il, “tout est lié”.

“A une période de l’année, c’est la nappe qui soutient le cours d’eau et cette nappe est sous pression et est surexploitée”,  explique le responsable.

“Le cours d’eau est fondamentalement alimenté en saison des pluies par les précipitations. S’il n’y a pas de pluie, c’est la nappe qui soutient et si cette nappe est en stress, cela veut dire qu’on ne peut pas disposer d’eau pendant la période la saison sèche”, a poursuivi Bakary Faty.

Il fait observer que les deux masses d’eau sont intimement liées. D’où l’initiative de la DGPRE d’identifier les acteurs locaux, pour construire un projet d’une importance capitale, basé sur des solutions fondées sur la nature, et qui permettent de recharger artificiellement cette nappe, à travers la revitalisation du lac Tanma.

Selon lui, le Sénégal se trouve dans une situation de “faillite hydrique”, comme l’a révélé l’ONU, dans son rapport en début d’année, ce qui correspond à un cas de figure où la nappe est exploitée à hauteur de six fois sa capacité de recharge.

La préservation de la ressource en eau semble importante, particulièrement dans cette zone, où la nappe fait face à de nombreuses pressions liées à l’urbanisation, à l’industrialisation, mais également à l’agriculture en phase de croissance, avec l’irrigation, mais aussi au changement climatique, a souligné, pour sa part, la chargée des projets eau et assainissement à l’antenne de l’AFD à Dakar, Mélanie Hay.

“Aujourd’hui, cette zone et particulièrement cette ressource permet d’alimenter en partie la zone de Dakar, Thiès et la Petite-Côte”, a relevé, dans le même sillage, la responsable eau et assainissement de l’AFD à Dakar.

Elle s’est réjouie, de ce fait, de voir son agence collaborer avec la DGPRE autour de la préservation de la ressource et “particulièrement dans la zone de captage de Pout”.

La chargée des projets à l’AFD a salué l'”ancrage territorial” de ce projet, qui enregistre la participation de l’ensemble des acteurs concernés.

BT/ADI/BK