SENEGAL-TRANSPORT-INFRASTRUCTURE
Ziguinchor, 30 nov (APS) – Le Collectif citoyen “L’Heure est Grave”, a invité, les autorités étatiques à multiplier les mécanismes d’intervention pour la reconstruction de cet ouvrage stratégique du transport, âgé de 46 ans, a constaté l’APS.
“Les observations recueillies auprès d’usagers, de techniciens et d’acteurs locaux font état de fissures avancées sur l’ouvrage, d’effritements du béton, d’armatures apparentes ainsi que des vibrations anormales, lors de la traversée du pont par les véhicules lourds “, a relevé le président dudit collectif, Elhadji Kamara.
Il s’exprimait samedi lors d’un point de presse organisé, devant le pont Émile-Badiane à Ziguinchor, avec la présence d’acteurs de la société civile et des transporteurs.

“Sans verser dans l’alarmisme, ces observations recueillies, appellent nécessairement à la prudence et justifient une expertise actualisée et transparente de l’ouvrage “, a-t-il ajouté.
Le collectif a formulé plusieurs recommandations, parmi lesquelles, le renforcement du dispositif d’évaluation et le financement des travaux, ainsi que l’actualisation et la publication d’un audit technique du pont.
Il propose également l’étude d’une limitation temporaire du tonnage autorisé sur le pont et l’élaboration d’un calendrier clair pour sa réhabilitation ou sa reconstruction.
“Le danger est permanent et les promesses ont duré, mais nous gardons notre confiance quant à la capacité de l’État de prendre des décisions appropriées “, a encore dit M. Kamara, qui a réitéré leur disponibilité à accompagner toute démarche institutionnelle visant à assurer la sécurité de l’ouvrage.
Le Collectif “L’Heure est Grave” dit rester engagé à suivre l’évolution du dossier “dans la légalité, avec vigilance et dans un esprit constructif “.

Les membres du collectif ont rappelé que le pont Emile Badiane, est un axe vital pour la mobilité, l’activité économique et la cohésion sociale de la Casamance.
Le coordonnateur national du mouvement Vision citoyenne, Madia Diop Sané, a insisté sur l’urgence d’agir.
“Nous voulons la réalisation de ce pont. Nous ne voulons plus de promesses. L’heure est grave et le pont est dans un état grave. Il ne faut plus inonder les populations de promesses : il faut immédiatement réaliser ce pont “, a-t-il fait valoir.

Le représentant des transporteurs de Ziguinchor, Ousmane Thiam, a lui aussi appelé à une réaction rapide des autorités.
” Il faut réaliser ce pont pour espérer sauver des vies à l’avenir. Il faut construire un nouvel ouvrage pour le bonheur de tout le Sénégal et de la sous-région. La réalisation de ce pont doit être une priorité “, a insisté M. Thiam.
Le Premier ministre, Ousmane Sonko, a déclaré vendredi à l’Assemblée nationale, lors du débat consacré aux questions d’actualité, qu’une enveloppe de 50 milliards FCFA est prévue pour la reconstruction du Pont Emile Badiane, dans le cadre du Plan de redressement économique et social (PRES).
Ce pont a été inauguré le 19 février 1979.
MNF/AB

