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Ziguinchor, 16 sept (APS) – Le centre Kulimaaroo de Ziguinchor (sud), un espace d’accompagnement des filles victimes de violences porté sur les fonts baptismaux en 2015, ne veut plus dépendre des financements extérieurs en vue d’accéder à une certaine autonomie qui lui permettrait de pérenniser ses actions.
Ce centre d’accueil créé par la Plateforme des femmes pour la paix en Casamance, avec l’appui d’ONU Femmes, un de ses bailleurs, accueille des filles victimes de violences, initialement recueillies par des structures telles que les AEMO (Actions éducatives en milieu ouvert).
Les pensionnaires du centre Kulimaroo sont accueillies sur recommandation de “Bajenou Gox” et relais communautaires, ou encore sur la base de signalements de filles ayant fréquenté l’établissement, explique sa directrice, Sira Corréa, dans un entretien avec l’APS.
“Kulimaaroo, c’est un centre d’accueil, un espace d’accompagnement des victimes de violences qui a été créé depuis 2015 par la Plateforme des femmes pour la paix en Casamance, avec l’appui d’ONU Femmes. Son objectif est d’accueillir des filles victimes de violences, les accompagner jusqu’à leur réinsertion économique, professionnelle, scolaire et sociale”, explique-t-elle.
La plateforme forme au sein des communautés des femmes chargées du signalement et de la prise en charge précoce des cas de violences.
Les anciennes pensionnaires du centre participent également au travail d’’orientation des victimes de violences vers le centre, après avoir bénéficié d’une prise en charge au niveau de Kulimaaroo, qui leur a permis de sortir de leur situation de vulnérabilité.
“Pour la réinsertion, nous aidons les filles au niveau scolaire, social, professionnel et économique, en créant des activités génératrices de revenus”, précise la directrice du centre.

Le centre Kulimaaroo se trouve cependant confronté à des difficultés liées à la question du financement, d’autant que la structure dépend que des bailleurs comme ONU Femmes et d’autres structures.
Selon Mme Corréa, cette situation nourrit des craintes pour la pérennité du centre et de ses actions, une fois que les fonds dont il dispose seront épuisés. Aussi plaide-t-elle pour une autonomie financière qui permettrait au centre de poursuivre ses activités.
“Lors de la réinsertion des victimes, parfois, il nous arrive que des pensionnaires nous demandent des sommes leur permettant de commencer leurs activités. Ce qui nous est impossible ici au centre. Nous ne sommes pas autonomes financièrement, on dépend toujours des bailleurs”, fait savoir sa directrice.
En attendant l’autonomie financière escomptée, le centre Kulimaaroo continue de bénéficier de l’appui d’ONU Femmes.
Les responsables de l’agence onusienne en charge des femmes, en visite dans la région de Ziguinchor, ont récemment remis au centre du matériel d’entretien, de cuisine et de surveillance. Un appui plus que bienvenu pour ce centre.
AT/HK/ADL/BK
