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Ziguinchor, 28 nov (APS) – La levée du corps d’Ankilin Diabone, figure historique du judo sénégalais et africain, décédé le 20 novembre dernier à l’âge de 70 ans, est prévue samedi matin à la morgue de l’hôpital de la Paix de Ziguinchor (sud), a appris l’APS de la famille du défunt.
Selon le programme arrêté par la famille, l’exposition du corps se tiendra de 8 h à 10 h, suivie de la levée du corps à 10 heures avant le départ pour Sam Sam, village d’origine de l’ancien champion de judo, dans la commune de Mlomp.
La dépouille sera ensuite acheminée à son domicile de Souleuck, puis dans son quartier natal, Djivente Oulahom à Oussouye, où se déroulera la cérémonie officielle des funérailles programmée de 15 heures à 18 heures.
Des discours, un portrait biographique du défunt et des témoignages sont prévus au cours de cette cérémonie avant l’inhumation qui aura lieu à 18 heures.
Originaire d’Oussouye où il est né en 1955, Ankilin Diabone était considéré comme l’une des grandes figures du judo national et africain.
Surnommé “le rocher’’ dans sa langue maternelle, il a marqué plusieurs générations par une carrière exceptionnelle entamée depuis sa formation au CNEPS de Thiès, où il obtient son diplôme de maître d’éducation physique et sportive en 1977.
Formé au judo par Madani Diakhaté, le technicien casamançais fait son perfectionnement dans cette discipline à l’INSEP de Paris grâce à une bourse de la coopération française. Entre 1979 et 1981, il décroche dans ce pays plusieurs titres professionnels, dont le Brevet d’État d’éducateur sportif en judo et un certificat d’entraîneur de haut niveau.
À son retour au Sénégal, Ankilin Diabone exerce différentes fonctions, notamment comme conseiller technique régional, professeur d’EPS et directeur du stade Aline Sitoé Diatta. Il devient également entraîneur de l’équipe nationale de judo de 1990 à 1998, participant aux Jeux olympiques de Barcelone en 1992 en qualité de coach.
Un palmarès immense
Il a été onze fois champion du Sénégal chez les moins de 86 kg, plusieurs fois sacré champion par équipes et vainqueur du tournoi des quatre meilleurs. Ankilin Diabone a dominé le judo sénégalais durant près de deux décennies.
Sur la scène continentale, il a été à quatre reprises champion d’Afrique (1982, 1983, 1986, 1987), en plus d’une médaille de bronze obtenue en 1985 à Tunis.
Il a représenté le Sénégal aux Jeux olympiques de Moscou en 1980 puis à Séoul en 1988, avant de rejoindre le staff technique aux JO de Barcelone.
”Un homme d’État décoré et respecté”
Fonctionnaire du ministère des Sports pendant une vingtaine d’années, il a occupé plusieurs postes stratégiques à Dakar comme en Casamance.
Son dévouement et son engagement pour la nation, lui ont valu le titre de chevalier de l’Ordre national du Mérite en 1992, en plus de distinctions sportives telles que le Lion d’Or national et le titre de meilleur judoka du cinquantenaire.
Une perte “immense’’ pour la famille du sport, selon plusieurs témoignages.
La disparition d’Ankilin Diabone laisse un vide profond au sein de la communauté sportive nationale, qui reconnait en lui un maître, un formateur rigoureux et un modèle pour la jeunesse sénégalaise.
MNF/AB/MTN


