SENEGAL-MINES-LEGISLATION
Ziguinchor, 18 sept (APS) – Deux sites miniers sur la quinzaine recensée dans la région de Ziguinchor (sud) sont dûment autorisés, a révélé, jeudi, Daniel Ngom, directeur régional de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, déplorant une méconnaissance généralisée de la législation minière.
“La région de Ziguinchor ne compte actuellement que deux sites miniers dûment autorisés sur une quinzaine de sites recensés”, a déclaré le directeur régional de l’Énergie, du Pétrole et des Mine.
M. Ngom s’exprimait en marge d’un atelier de sensibilisation organisé à Ziguinchor, en présence des autorités administratives, des chefs de service, des élus territoriaux et des acteurs de développement.
Il a précisé que cette rencontre s’inscrit dans un processus national de réforme engagé par le ministre de tutelle, Birame Souleye Diop, et articulé autour de trois étapes : un état des lieux, une campagne de sensibilisation, et enfin la régularisation des irrégularités constatées.
“Deux audits ont été réalisés au niveau national : l’un sur les titres miniers, l’autre sur les sites physiques en exploitation. Résultat : 94 % des titres examinés ne sont pas conformes à la réglementation, et sur 828 sites visités, 288 sont exploités de manière clandestine “, a indiqué M. Ngom.
Selon lui, la situation à Ziguinchor illustre bien les conséquences d’une exploitation minière non encadrée, avec des impacts multiples : dégradation de l’environnement, insécurité sur les sites, pertes fiscales importantes et risques pour les populations riveraines.
“Il y a eu des cas de noyades à Enampore, une commune de Ziguinchor, ainsi qu’une perturbation sérieuse de la biodiversité. Ces effets sont directement liés à l’absence de régulation et de contrôle”, a-t-il ajouté.
Les autorités rappellent que la loi minière prévoit trois types de taxes : les droits d’entrée à l’obtention de l’autorisation, la taxe superficielle liée à certains permis, et la redevance minière, fixée à 500 FCFA/m³ pour la latérite et 300 FCFA/m³ pour le sable.
Prenant part à la rencontre, Chérif Diallo, secrétaire général du regroupement des exploitants de carrières de Ziguinchor, a salué une réunion “historique “, en ce qu’elle regroupe l’ensemble des services concernés.
“Nous n’avons pas de véritables carrières à Ziguinchor. Ce sont de petits lopins de terre, souvent inférieurs à 5 000 m², que des propriétaires nous prêtent. Nous les exploitons à faible profondeur, pendant à peine trois mois, sans aucun encadrement”, a-t-il déclaré.
M. Diallo a plaidé pour un accompagnement institutionnel en vue de la création de carrières réglementaires, conformes à la législation, afin de garantir la sécurité des travailleurs, la protection de l’environnement, et la disponibilité de matériaux de qualité pour répondre aux besoins croissants de la région.
“Ziguinchor se développe rapidement. La demande en sable et en matériaux de construction augmente fortement. Il nous faut des sites fiables et bien encadrés pour y faire face”, a-t-il conclu.
Cet atelier s’inscrit dans une dynamique nationale de réforme du secteur minier, pilotée par le Directeur général des Mines, Ibrahima Gassama, avec l’implication des services techniques déconcentrés de l’État.
MNF/OID/MTN

