SENEGAL-AGRICULTURE-AMBITION
Djibonker (Ziguinchor), 11 sept (APS) – Le cadre régional de concertation des opérateurs de la filière anacarde de Ziguinchor (CROFAZ) a indiqué être engagé dans une campagne de production qui permettrait au Sénégal de devenir autonome en noix de cajou au bout de cinq ans.
“Cette année, nous travaillons sur 80 000 plants, un chiffre que nous allons augmenter l’année prochaine. Cette campagne de production vise, au bout de cinq ans, à faire en sorte que le Sénégal puisse acquérir une autonomie de production en anacarde par rapport aux autres pays”, a déclaré le président du CROFAZ, Demba Djimé.
Il s’exprimait lors d’une rencontre avec les acteurs de la filière anacarde de Ziguinchor, dans le village de Djibonker, vendredi.
Le Sénégal, a-t-il souligné, est considéré comme “un grand pays producteur d’anacarde, mais qui fait appel souvent à d’autres pays pour avoir une bonne productivité”.
Le cadre régional de concertation des opérateurs de la filière anacarde de Ziguinchor veut mettre fin à cette situation en assurant “à 99% la production nationale” d’anacarde, selon son président.
Pour ce faire, le CROFAZ compte s’appuyer sur les acteurs concernés, partout en Casamance, en leur apprenant à planter correctement des anacardiers.
“Auparavant, les gens se contentaient de jeter les graines dans la brousse et de les laisser pousser. Cette fois-ci, avec le programme des fermes d’anacarde intégrées, le producteur pourra planter des anacardiers tout en y associant d’autres cultures comme l’arachide, le mil, le maïs ou même les agrumes et faire de l’apiculture et de la pisciculture”, a expliqué M. Djimé.
Avec cette méthode, le producteur entretient ces cultures, en même temps que les anacardiers, ce qui permettra de régler le problème du rendement, actuellement “très faible au Sénégal”, entre 300 et 400 kg à l’hectare.
Le CROFAZ espère ainsi faire passer ce rendement pour le porter entre 700 et 900 kg à l’hectare, grâce à l’adhésion des producteurs à ce type de programme qu’il juge essentiel, car permettant d’avoir des vergers “dignes de ce nom”, avec des clôtures et des points d’eau pour éviter la divagation des animaux.

“En réalité, nous voulons que l’anacarde continue de faire vivre la Casamance et le Sénégal. Dès que la campagne d’anacarde s’ouvre, les populations commencent vraiment à respirer. La filière a créé ce qu’on appelle l’exode urbain. Avant, nous ne connaissions que l’exode rural vers Dakar, mais aujourd’hui, pendant les 6 mois de campagne, les gens quittent Dakar, d’autres régions et même la diaspora pour venir travailler ici, en Casamance. C’est cela que nous voulons pérenniser”, s’est félicité Demba Djimé.
Pour le président du CROFAZ, “il faut impérativement booster la production pour pouvoir transformer, créer des industries et exporter des matières brutes afin d’avoir une bonne production et s’imposer sur le marché international”.
AT/HK/BK
