Ziguinchor : 28 personnes interpellées au siège du MFDC lors d’une opération conjointe de l’Armée et de la Gendarmerie (sources sécuritaires)
Ziguinchor : 28 personnes interpellées au siège du MFDC lors d’une opération conjointe de l’Armée et de la Gendarmerie (sources sécuritaires)

SENEGAL-COLLECTIVITE-DEFENSE

Ziguinchor, 27 oct (APS) –Une opération conjointe menée, mardi, par l’Armée et la Gendarmerie, dans le quartier Lyndiane de Colobane, à Ziguinchor (sud), a conduit à l’interpellation de 28 personnes à Magoukouro, siège de l’aile politique du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (MFDC), a appris l’APS de sources sécuritaires.

Des téléphones, des documents et des drapeaux prétendument de la Casamance, ont également saisis, au cours de l’opération, qui s’est déroulée sans incidents majeurs, ajoutent-elles.

Magoukouro était un lieu de rassemblement des membres du mouvement irrédentiste, qui s’y retrouvent chaque année pour organiser des prières en mémoire des anciens responsables du MFDC disparus dont les photographies ornaient les murs.

Selon des sources concordantes, le site est également connu pour abriter des rencontres, des réunions et des cérémonies de commémoration d’individus se réclamant de ce mouvement rebelle.

L’opération conjointe de l’Armée et de la Gendarmerie a eu lieu le jour du septième anniversaire de l’assassinat, en 2019, à Mlomp, dans le département de Bignona, d’Abdou Elinkine Diatta, en 2019, successeur auto-proclamé du chef du MFDC, Abbé Augustin Diamacoune Senghor.

La Casamance, séparée du nord du Sénégal par la Gambie, est le théâtre d’un des plus vieux conflits du continent depuis que des indépendantistes ont pris le maquis en décembre 1982. Après avoir fait des milliers de victimes et ravagé l’économie, le conflit a fortement baissé d’intensité ces dernières années.

En mai 1991 et en juillet 1993, les autorités sénégalaises et le Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (MFDC) avaient signé des accords de cessez-le feu. Mais les négociations avaient achoppé sur la question de l’indépendance de cette partie méridionale du pays réclamée par le mouvement irrédentiste.

En 1993, d’un commun accord, les parties prenantes avaient demandé à l’archiviste français jacques Charpy de faire une recherche historique sur le passé colonial de la Casamance.

Son rapport publié en novembre 1993, avait conclu à la ‘’sénégalité’’ de la Casamance. Des conclusions réfutées par l’ancien secrétaire général du MFDC, l’abbé Diamacoune Senghor, dans un contre-rapport rendu public au début de 1995.

AT/ABB/MTN