“Voix africaines pour les sciences” : la deuxième phase lancée pour stimuler la recherche-développement
“Voix africaines pour les sciences” : la deuxième phase lancée pour stimuler la recherche-développement

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Dakar, 19 sept (APS) – “Les Voix africaines pour les sciences”, un programme continental visant à positionner la recherche-développement comme moteur de la souveraineté sanitaire et de la croissance économique de l’Afrique a lancé sa deuxième cohorte de champions, jeudi, dans le but de mettre en exergue les solutions proposées dans ce domaine.

Les ”champions” participant à ce programme ont été réunis pour panel en ligne avec des membres du Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (Remapsen), afin de discuter de la nécessité d’investir plus sur la recherche-développement en santé, en mettant en “lumière les solutions proposées par l’Afrique”.

”La capacité de l’Afrique à atteindre la souveraineté sanitaire et le développement durable passe par la mise en place de solides systèmes de recherche, de développement et d’innovation”, a expliqué Fara Ndiaye, directrice adjointe de ”Speak Up Africa”, organisation à l’origine de cette initiative. 

‘’Les Voix africaines pour les sciences est un programme continental de sensibilisation qui positionne la recherche-développement comme un moteur de la souveraineté sanitaire et de la croissance économique de l’Afrique.

“Les investissements dans ce sens restent faibles et les scientifiques africains dans les universités, les instituts de recherche sont trop souvent écartés des discussions mondiales sur la santé”, a-t-elle souligné.

En vue de “faire face à ce défi”, Speak Up Africa a lancé en 2020 l’initiative “African Voices of Science” (AVoS), qui a réuni et amplifié la voix dans les médias de 18 scientifiques africains de premier plan originaires du Kenya, du Nigeria, du Sénégal et de l’Afrique du Sud, afin de lutter contre la désinformation pendant la pandémie de COVID-19 et de mettre en avant les solutions proposées par l’Afrique.

“Fort de ces succès, la phase 2 de AVoS est lancée et permettra de donner aux leaders scientifiques africains les moyens d’influencer les politiques, de plaider pour la mobilisation de ressources et de placer la recherche et l’innovation africaines au cœur des discussions mondiales sur la santé”, a-t-elle dit dans son mot introductif.

Les “champions” en question, experts dans le domaine de la santé, ont été choisis pour leur leadership dans leur domaine.

Le directeur de la Planification, de la Recherche et des Statistiques au ministère de la Santé et de l’Action sociale, docteur Babacar Guèye, est l’un des cooptés pour cette deuxième cohorte.

Selon lui, l’initiative AVoS devrait se traduire par renforcer de la collaboration, une mutualisation “fructueuse” et l’identification des bonnes pratiques de recherche pour les valoriser.

Babacar Guèye a signalé qu’une réunion de haut niveau organisée en relation avec le Centre africain de prévention et contrôle des maladies (CDC-Afrique), sous le leadership du président rwandais Paul Kagamé et de son homologue sénégalais Bassirou Diomaye Faye a conduit à l’élaboration d’un document dénommé “Le financement de la santé en Afrique : une nouvelle ère”.

Ce document doit permettre, s’il est mis en œuvre, aux pays membres de l’Union africaine de respecter l’engagement qu’ils avaient pris à Abuja, au Nigeria, en avril 2001, d’allouer 15 % de leur budget gouvernemental à la santé.

“Il faudrait, dans ces 15%, qu’on puisse systématiquement, dans la planification, réserver un budget destiné à la recherche, notamment sur les évaluations des technologies de santé”, a-t-il suggéré.

Il faudra montrer aux gouvernants “l’’efficience de la recherche qui permettrait de réduire les dépenses en santé parce que les formulations des politiques seront mieux faites et plus efficientes”, a-t-il ajouté.

En matière de souveraineté sanitaire, a poursuivi, “il y a un élément important : c’est la souveraineté pharmaceutique avec des médicaments produits et visés en Afrique, ainsi que la réalisation d’essais cliniques sur le continent”.

Selon le responsable du volet développement commercial et coopération à l’Institut de recherche en santé, de surveillance épidémiologique et de formation (IRESSEF), docteur Moussa Sarr, “les recherches en Afrique doivent être beaucoup plus centrées sur ce qui nous concerne le plus et sur ce que nos données ressortent dans le domaine de la santé”.

“La plupart de nos recherches sont définies à partir des priorités du sponsor avec des protocoles et des idées déjà élaborés à l’extérieur”, a relevé cet autre “champion”.

Il a plaidé pour une “re-focalisation de la recherche par rapport à nos propres besoins pour mieux les vendre à ceux qui gouvernent nos pays et trouver la plus-value qui justifierait le fait de mettre des ressources financières dans la recherche”.

La gouverneure du district autonome des Lacs et ancienne ministre de la Santé de Côte d’Ivoire, docteur Raymonde Goudo Koffi, a relevé que AVoS devrait permettre de “relancer la recherche développement en santé”.

Dans cette optique, l’ancienne ministre propose de “développer des stratégies propres et [de] ne pas se caler toujours sur ce que les autres pays déroulent en termes de recherche en santé”.

Speak Up Africa, à travers “Africans Voices of Sciences”, contribue à amplifier les voix et les œuvres des scientifiques et experts africains, leur permettant de renforcer leur visibilité au niveau national, continental et international.

Il s’agit de favoriser l’accroissement des investissements dans la recherche-développement en Afrique en matière de santé, en mettant en place une plateforme collaborative pour échanger les connaissances et valoriser les communautés.

Des “voix africaines pour les sciences” prendront part au Forum Galien qui se tiendra à Dakar, du 28 au 31 octobre prochain, sur le thème général “Souveraineté sanitaire : un impératif pour l’Afrique”.

ADL/FKS/HK/BK