SENEGAL-AFRIQUE-SANTE
Mbour, 1er oct (APS) – Des chercheurs et spécialistes africains de la lutte contre le VIH/sida, réunis à Saly (Mbour, ouest) en collaboration avec l’ANRS, une agence autonome de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (INSERM) de la France, travaillent à l’amélioration de la prévention et de la prise en charge des formes avancées de l’infection et des infections opportunistes, a annoncé, jeudi, la professeure Ndèye Coumba Touré Kane, coordonnatrice Sud de l’ANRS au Sénégal.
‘’À l’ère où on parle de l’élimination du Sida, on continue toujours à avoir dans nos structures de santé des personnes à un stade avancé. Ce n’est pas normal’’, a déclaré la microbiologiste, en marge d’un atelier de réflexion organisé pendant trois jours par l’ANRS, en collaboration avec le Centre régional de recherche et de formation à la prise en charge clinique (CRCF) de l’hôpital de Fann, à Dakar.
Cette rencontre s’inscrit dans la logique des ‘’actions coordonnées’’ de l’ANRS, qui visent à animer la recherche scientifique en mettant en avant la collaboration Nord-Sud. C’est dans ce cadre que l’Action coordonnée 44 (AC44), consacrée à la recherche clinique, a demandé au CRCF et au site du Sénégal de coorganiser l’atelier.
‘’L’ANRS dispose de sites dans plusieurs pays africains, et le premier a été celui du Sénégal, abrité par le CRCF de l’hôpital de Fann’’, a précisé la professeure Ndèye Coumba Touré Kane.
‘’Nous allons travailler sur différentes thématiques liées au VIH, notamment le diagnostic, les stratégies thérapeutiques, la prise en charge et les aspects de sciences sociales’’, a expliqué la coordonnatrice Sud de l’ANRS au Sénégal.
Elle a indiqué que les participants seront répartis en quatre groupes de travail afin d’identifier les principales difficultés rencontrées et de réfléchir à des solutions adaptées aux réalités africaines.
‘’L’objectif est de faire ressortir les problèmes auxquels nous sommes confrontés et de voir comment nous pouvons apporter des réponses à travers la recherche’’, a-t-elle ajouté, précisant que les réflexions devraient notamment déboucher sur des projets de recherche structurants portant sur les infections opportunistes associées au VIH.

La professeure Touré Kane a également insisté sur l’importance accordée à la relève scientifique, avec la participation de 20 jeunes chercheurs africains sélectionnés à l’issue d’un processus rigoureux.
Selon elle, leur implication doit contribuer au renouvellement des compétences et au renforcement de la recherche sur le VIH dans les pays africains.
Elle a rappelé que le Sénégal dispose d’une longue expérience dans la recherche et la prise en charge du VIH, citant notamment l’initiative sénégalaise d’accès aux antirétroviraux, lancée en 1998, dans le cadre du premier site de l’ANRS en Afrique.
Cette expérience avait contribué, selon elle, à démontrer la faisabilité de la prise en charge par les antirétroviraux en Afrique et à l’adoption de stratégies de gratuité.
La professeure Ndèye Coumba Touré Kane a indiqué que l’épidémie de VIH reste globalement concentrée au Sénégal, tout en soulignant une tendance à la baisse.
Elle a appelé à maintenir les efforts de prévention et de prise en charge, particulièrement auprès des jeunes âgés de 15 à 24 ans et de certaines populations particulièrement exposées.
Elle a enfin insisté sur l’importance de l’observance du traitement antirétroviral, rappelant que celui-ci doit être suivi à vie.
‘’Quand quelqu’un prend bien ses médicaments, au bout de six mois de traitement, la personne n’infecte plus’’, a-t-elle expliqué, soulignant que cette efficacité dépend du respect strict du traitement.
DS/ABB/MTN

