Vers un fonds fiduciaire pour garantir un financement durable pour la conservation de la biodiversité
Vers un fonds fiduciaire pour garantir un financement durable pour la conservation de la biodiversité

SENEGAL-ENVIRONNEMENT-FINANCEMENT

Dakar, 7 juil (APS) – Le ministère de l’environnement et de la transition écologique a officiellement lancé, mardi, à Dakar, le processus devant aboutir à la création d’un fonds fiduciaire destiné à garantir un financement durable de la conservation de la biodiversité, un mécanisme présenté comme une réponse aux besoins croissants des aires protégées.

À travers cet instrument, le Sénégal ambitionne de disposer d’un dispositif capable de mobiliser des ressources pérennes, prévisibles et diversifiées pour préserver son patrimoine naturel, renforcer la gestion des aires protégées et accompagner les communautés qui dépendent des écosystèmes, a-t-on appris lors de l’atelier de lancement du fonds.

Selon le secrétaire général du ministère de l’Environnement et de la Transition écologique, Fodé Fall la création de ce fonds répond à la nécessité de disposer ”d’outils innovants permettant de mobiliser des ressources additionnelles afin d’améliorer l’efficacité de la gestion des espaces de conservation”.

”Malgré les efforts consentis par l’État du Sénégal et ses partenaires techniques et financiers, les besoins de financement pour la conservation de la biodiversité restent énormes et largement supérieurs aux ressources financières actuellement disponibles”, a-t-il expliqué.

Selon le directeur des Aires marines protégées au ministère de l’Environnement et de la Transition écologique, le colonel Momar Sow, le futur fonds vise notamment à répondre au caractère limité dans le temps des financements par projets.

”Les financements via des projets sont souvent limités dans le temps, alors que la réponse sur la biodiversité et la conservation prend beaucoup plus de temps”, a-t-il indiqué.

Il précise que ce mécanisme, “conçu comme un fonds de capitalisation de long terme, vise à garantir des ressources durables au bénéfice des générations futures et à réduire l’incertitude liée à la disponibilité des financements”.

”L’objectif est d’aboutir à sa mise en place effective d’ici septembre 2027”, d’après le colonel Momar Sow.

Le Sénégal, a-t-il rappelé, dispose d’un important réseau de parcs nationaux, de réserves naturelles et d’aires marines protégées, dont les besoins financiers sont en constante augmentation.

”La stratégie nationale des aires marines protégées 2026-2030 estime à près de 10 milliards de francs CFA les besoins nécessaires pour ce seul secteur, sans compter les autres espaces de conservation”, a signalé M. Sow.

La création de ce fonds fiduciaire bénéficie de l’accompagnement de Wetlands International Afrique de l’Ouest et du Centre et de l’Agence française de développement (AFD), notamment pour la réalisation d’une étude de faisabilité portant sur les besoins de financement, les mécanismes de capitalisation et les retombées attendues.

Selon le directeur exécutif régional de Wetlands, Ibrahima Thiam, la première phase du processus repose sur une étude de faisabilité destinée à analyser les besoins de financement des aires protégées et à définir le modèle de fonds le plus adapté au contexte sénégalais.

”Cette phase de diagnostic sera menée avec l’appui de Wetlands International. Elle a été préparée grâce à une subvention de 100 000 euros de la Fondation Hans Wilsdorf”, a-t-il précisé.

Cette étude permettra également d’évaluer le contexte institutionnel et financier dans lequel le fonds sera créé. Une deuxième phase sera conduite avec l’appui de l’Agence française de développement (AFD).

”Un fonds fiduciaire ne se résume pas à un mécanisme financier. C’est avant tout un pacte de confiance entre les pouvoirs publics, les partenaires techniques et financiers, les fondations philanthropiques, le secteur privé, les communautés locales et la société civile”, a-t-il indiqué.

La représentante de la Banque mondiale, Arame Tall, a salué cette initiative, estimant que le Sénégal rejoint ainsi plusieurs pays africains engagés dans la mise en place de mécanismes similaires.

”Les fonds fiduciaires marchent et changent la donne, ils bâtissent la confiance des partenaires là où les financements ponctuels de nos multiples projets s’essoufflent”, a relevé Mme Tall.

Elle a réaffirmé la disponibilité de la Banque mondiale à accompagner le processus, indiquant que le Projet de gestion durable des ressources naturelles du Sénégal, financé à hauteur de 100 millions de dollars par l’Association internationale de développement (IDA), pourrait constituer un cadre de départ pour les concertations et faire l’objet d’un financement additionnel.

Les différents intervenants ont insisté sur la nécessité d’une gouvernance transparente, inclusive et fortement ancrée dans les réalités nationales et locales pour garantir la réussite de ce futur mécanisme.

TAB/BK