Une teneur en aflatoxine supérieure aux normes règlementaires découverte dans du riz consommé à Dakar, Kaolack et Thiès (étude)
Une teneur en aflatoxine supérieure aux normes règlementaires découverte dans du riz consommé à Dakar, Kaolack et Thiès (étude)

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Dakar, 22 juil (APS) – Une étude pilote sur le riz consommé à Dakar, Kaolack et Thiès a débouché sur la découverte de teneurs en aflatoxine dépassant les normes réglementaires dans 22,6 % des échantillons analysés, a-t-on appris mercredi à l’atelier de restitution des résultats de ce travail initié par le Comité national du Codex Alimentarus Sénégal (CNCA).

‘’L’étude pilote sur la surveillance des aflatoxines dans le riz consommé à Dakar, Kaolack et Thiès a révélé que 22,6 % des échantillons analysés présentaient des niveaux de contamination supérieurs aux normes’’, a indiqué le président du Comité national du Codex Alimentarus du Sénégal, le professeur Amadou Diop

Il a ainsi souligné qu’une telle situation impose un renforcement du système national de sécurité sanitaire des aliments qui s’inscrit dans les efforts engagés par le Sénégal depuis 2021 pour consolider son dispositif de sécurité sanitaire des aliments.

Le professeur Diop a fait savoir que les aflatoxines, des mycotoxines produites par des champignons du genre Aspergillus, avaient été identifiées comme l’un des principaux risques alimentaires à l’issue d’un exercice national de hiérarchisation des dangers sanitaires.

‘’Le riz étant l’une des denrées les plus consommées au Sénégal, il était important d’évaluer le niveau d’exposition de la population à ces contaminants’’, a-t-il fait valoir.

L’étude a été menée dans les villes de Dakar, Thiès et Kaolack. Environ 200 échantillons de riz, complétés par quelques échantillons de mil, ont été prélevés dans des restaurants ainsi que chez leurs fournisseurs afin d’évaluer l’exposition des consommateurs.

Les analyses, réalisées par le laboratoire accrédité de l’Institut de technologie alimentaire (ITA), ont montré que 30 échantillons présentaient des teneurs en aflatoxine dépassant les seuils réglementaires, soit 22,6 % des prélèvements.

Le président du Comité national du Codex Alimentarus a précisé que ‘’l’ensemble des non-conformités a été enregistré à Dakar, où 133 échantillons avaient été collectés, tandis qu’aucun dépassement des normes n’a été observé dans les prélèvements effectués à Thiès et à Kaolack’’.

Il a également indiqué que le riz local est apparu comme la catégorie la plus concernée par cette contamination.

Certains marchés dakarois, notamment ceux de Petersen et Môle 10, ont enregistré des taux de non-conformité particulièrement élevés, dépassant parfois 50 % des échantillons prélevés.

Le spécialiste a rappelé que les aflatoxines sont reconnues comme des substances ‘’cancérigènes’’ pouvant favoriser notamment le développement du cancer du foie, une pathologie qui constitue un enjeu de santé publique au Sénégal.

Partant de ces résultats, le CNCA recommande d’étendre les campagnes de surveillance aux principales zones de production rizicole, notamment dans le nord du pays, afin de disposer d’une cartographie plus représentative de la contamination.

Le professeur Amadou Diop a également plaidé pour l’actualisation du plan stratégique national de sécurité sanitaire des aliments mis en œuvre depuis 2018, et le renforcement des mécanismes permanents de contrôle des contaminants alimentaires.

L’objectif de cette étude était de fournir aux autorités des ‘’données scientifiques’’ destinées à orienter les politiques publiques.

Il n’a pas manqué d’appeler les consommateurs à la vigilance, les invitant notamment  à appliquer les bonnes pratiques d’hygiène et de préparation des aliments afin de réduire les risques liés aux maladies d’origine alimentaire.

AUT : NSS/AKS/ABB