Une marche pour réclamer justice sur les violences politiques observées entre 2021 et 2024
Une marche pour réclamer justice sur les violences politiques observées entre 2021 et 2024

SENEGAL-POLITIQUE-SOCIETE

Dakar, 11 avril (APS)- Plusieurs organisations de la société civile et des responsables politiques ont marché, samedi, à Dakar, pour réclamer des enquêtes judiciaires indépendantes et crédibles sur les violences politiques survenues entre 2021 et 2024, lesquelles ont fait 68 morts répertoriés selon les organisateurs, compte non tenu de plus de 1 000 personnes détenues en lien avec ces évènements.

La marche, encadrée par les forces de l’ordre, s’est déroulée sans incident majeur, sur l’avenue Bourguiba.

Les manifestants ont insisté sur la nécessité de faire toute la lumière sur les événements et de situer les responsabilités.

Prenant la parole à cette occasion, la députée Maïmouna Bousso a assuré que la loi d’amnistie ne saurait être un obstacle à la justice. “Les crimes de sang et les actes de torture ne peuvent être couverts par une telle loi”, a-t-elle soutenu.

Au nom du collectif des familles des victimes, Djibril Diaw a lu une déclaration dans laquelle les organisateurs exigent l’ouverture immédiate d’enquêtes indépendantes, transparentes et crédibles.

“Nos proches ne sont pas des chiffres. Ce sont des vies brisées et des familles marquées à jamais”, a-t-il affirmé, rejetant “toute tentative d’oubli ou de récupération politique”.

Le collectif a également mis en garde contre toute promotion, sur la scène internationale, de responsables politiques pouvant avoir été impliqués dans ces évènements. Ses membres estiment qu'”aucune candidature à de hautes fonctions internationales ne saurait être acceptable sans que la vérité ne soit établie”.

Le directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, Seydi Gassama, a dénoncé ce qu’il considère comme un blocage de la justice durant plusieurs années, avant de relever que plus aucun obstacle juridique ne s’oppose à l’ouverture de procédures judiciaires sur ces évènements.

Il a déploré l’absence d’avancées significatives dans les enquêtes, des auditions sans suite et des dossiers restés en suspens, malgré, selon lui, l’existence des cas documentés et largement diffusés.

“Il est inacceptable que des violations aussi graves restent impunies’’, a-t-il déclaré, appelant les autorités à poser ‘’des actes forts pour rendre justice aux victimes”.

Pape Abdoulaye Touré, membre de l’initiative Zéro Impunité (IZI), a souligné le fait que les crimes de torture, les traitements inhumains et les crimes de sang sont exclus du champ d’application de l’amnistie, invoquant des conventions internationales ratifiées par le Sénégal.

Il a également dénoncé “l’absence de poursuites malgré des éléments de preuve disponibles”.

Les manifestants, estimant que l’impunité pourrait favoriser la répétition de telles violences, ont réaffirmé leur détermination à poursuivre leur mobilisation jusqu’à ce que la vérité soit connue sur ces évènements.

MYK/BK/SBS