SENEGAL-JUSTICE-EVALUATION
Dakar, 10 avr (APS) -La présidente de l’Association des femmes magistrates du Sénégal (AFMS), Marie Odile Thiakhane Ndiaye a préconisé, vendredi, l’évaluation de la loi criminalisant le viol et la pédophilie, adoptée en 2020.
”Il est nécessaire de faire une évaluation de cette loi [érigeant le viol et la pédophilie en crimes], après six ans d’exécution, de l’évaluer juridiquement, de voir son impact dans le vécu des juridictions, de la chaîne pénale, de l’administration judiciaire”, a-t-elle prôné.
Elle s’exprimait lors d’un atelier de réflexion portant sur le thème ”La loi criminalisant le viol et la pédophilie à l’épreuve de la pratique”, organisé par l’Association des femmes magistrates du Sénégal. La rencontre a été présidée par la ministre de la Justice, Garde des Sceaux, Yassine Fall.
”Nous allons voir comment les Sénégalais ont vécu cette loi, et peut-être même quelques fois, [comment ils] l’ont subie. Et évidemment, les débats feront l’objet d’un rapport qui sera transmis à l’autorité”, a dit Mme Ndiaye.
Elle a assuré que les femmes magistrates s’engagent à être ”des vigies auprès des décideurs publics, des sentinelles auprès du pouvoir exécutif, et une force de conseils auprès du pouvoir législatif”.
La ministre de la Justice, Yassine Fall, parlant de l’application de la loi n° 2020-05 du 10 janvier 2020 criminalisant le viol et la pédophilie, a invité à davantage garantir la présomption d’innocence.
”Pour la période 2020 à 2024, un nombre de 194 acquittements ou non-lieu pour des faits de viol et de pédophilie ont été notés”, a-t-elle dit, insistant sur les conséquences de la criminalisation du viol.
La ministre de la Justice a souligné que la présomption d’innocence est une ”garantie fondamentale de l’État de droit, qui protège chaque citoyen de l’arbitraire de la suspicion érigée en condamnation”.
”C’est précisément ce principe qui fait de la justice… une justice plutôt qu’une institution de la vindicte”, a fait observer Yassine Fall.
AFD/HK/MTN

