SENEGAL-SOCIETE
Dakar, 10 juin (APS) – Le directeur de l’Ecole de bibliothécaires, archivistes et documentalistes (EBAD) de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Djibril Diakhaté, a souligné, mercredi, la place cruciale des archives dans la quête de transparence et la préservation de la mémoire collective.
“Vous vous rendrez compte que depuis quelques temps, on parle de transparence. Et il ne peut pas y avoir de transparence, de reddition des comptes sans archives”, a-t-il déclaré à l’occasion d’un panel organisé dans le cadre de la Semaine internationale des archives.
“Archives pour la justice : Droits, mémoire et avenirs” est le thème de cette rencontre ayant réuni des chercheurs, professionnels de l’information, étudiants et acteurs du patrimoine autour des questions liées au rôle des archives dans la préservation de la mémoire collective, la défense des droits et la construction d’un avenir plus juste.
Selon cet enseignant-chercheur, “on ne peut pas parler de vérité, ni de mémoire, s’il n’y a pas un document d’archives qui l’atteste”.
Il a insisté sur les défis de la préservation des archives, notant que dans un pays où la préservation pose problème, “on peut considérer que pour que la justice puisse dire la vérité, il y aura forcément des difficultés”.
Il s’y ajoute que les archives sont parfois conservées au Sénégal dans des locaux inadaptés, a déploré le professeur Djibril Diakhaté.
“L’administration publique, le plus souvent, ne donne pas les moyens qu’il faut pour une bonne préservation des archives. D’ailleurs, on dit souvent qu’il y a une organisation de la désorganisation. C’est comme si on faisait en sorte que la transparence ne soit pas établie dans nos administrations”, a-t-il martelé.
Le directeur de l’EBAD a aussi insisté sur l’accès et la numérisation des archives qu’il considère comme des défis majeurs à relever par les autorités du pays.
“Parfois, il peut y avoir de bonnes conservations, mais le problème, c’est que si on n’a pas établi des procédures d’accès, ça peut être très compliqué d’exploiter les archives. Et l’autre défi, c’est le défi de la numérisation”, souligne le professeur Diakhaté.
Il a invité les autorités à davantage œuvrer à la sécurisation et à l’authentification des archives face à l’avènement de l’intelligence artificielle, faisant remarquer qu’il est de plus en plus facile pour une personne de modifier des documents d’archives à des fins frauduleuses.
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