Un spécialiste préconise la cyber-résilience devant l’expansion de la surface d’attaque
Un spécialiste préconise la cyber-résilience devant l’expansion de la surface d’attaque

SENEGAL-SECURITE-TIC

Dakar, 21 mai (APS) –Le directeur général du Chiffre et de la Sécurité des Systèmes d’Information (DCSSI) le colonel Aly Mime, a fait part de la recrudescence des cas de cyberattaques, appelant pour le cas du Sénégal à miser sur une cyber-résilience nationale.

‘’Il faut s’attendre à faire face de plus en plus à des situations de cyberattaque (…), d’où l’importance de développer des capacités de cyber résilience’’, a notamment souligné le responsable de cette structure rattachée à la présidence de la République.

La transformation numérique du Sénégal, bien qu’ambitieuse, élargit dangereusement la ‘’surface d’attaque’’ du pays, a expliqué le colonel Aly Mime lors d’un atelier consacré aux enjeux de cybersécurité, de souveraineté numérique et de protection des infrastructures critiques.

Initiée par STELLARIX Sénégal, un opérateur d’infrastructures numériques spécialisé dans les Datacenters, le Cloud et la cybersécurité, cette rencontre intervient dans un contexte marqué par des attaques informatiques ciblant trois administrations stratégiques du Sénégal touchant notamment à l’identité civile, à la fiscalité et à la comptabilité publique.

‘’Mais qui dit mise en place d’une stratégie numérique, investir dans le numérique, ça veut dire étendre la surface d’attaque’’ a-t-il martelé précisant que sans une prise en charge rigoureuse de la cybersécurité de base, les plateformes déployées deviennent vulnérables.

La souveraineté numérique repose sur la maîtrise des données

Selon l’officier, le cyberespace est devenu un ‘’espace de confrontation à part entière, au même titre que la terre, la mer, l’espace et les airs’’’.

‘’Face à des acteurs étatiques, des hacktivistes ou des cybercriminels motivés par des gains pécuniaires, et compte tenu de la dépendance aux technologies étrangères, le Sénégal doit s’attendre à une multiplication des cyberattaques’’, a encore fait valoir le directeur général de la DCSSI.

‘’On ne peut pas dire qu’on peut bloquer des cyberattaques’’, a insisté le colonel Mime, notant que l’objectif n’est pas ‘’l’invulnérabilité’’, mais ‘’la capacité à se relever rapidement après une attaque’’. Il a ainsi préconisé la préparation, la sensibilisation et surtout l’adoption d’un plan national de gestion de crise cyber.

Aly Mime indique toutefois que ce plan a récemment été présenté à une soixantaine de responsables de la sécurité des systèmes d’information.

‘’Avant même le plan national, chaque entité doit disposer d’un plan de gestion d’incidents, d’un plan de communication, d’un plan de reprise d’activités et d’un plan de continuité d’activités’’, a-t-il recommandé, ajoutant : ‘’C’est à cette condition que le risque pourra être amoindri, selon une logique de gestion des risques’’.

Le colonel Mime a aussi insisté sur le fait que ‘’la souveraineté numérique repose sur la maîtrise des données’’, à travers des infrastructures disponibles sur place vous’’.

‘’Savoir exactement où vos données sont stockées est un prérequis fondamental’’, a-t-il martelé, appelant à la mise en place d’un cloud national.

Revenant sur la structure qu’il dirige, le colonel Mime a rappelé que la direction générale du Chiffre et de la Sécurité des Systèmes d’Information joue un rôle normatif, de conseil stratégique et de régulation via la Commission nationale de cryptologie.

La DCSSI délivre également des agréments pour la cryptologie et les audits de systèmes d’information et travaille actuellement à l’élaboration de normes pour le cloud, selon son directeur général.

Il ajoute qu’en matière de prévention, la DCSSI mène des campagnes de sensibilisation auprès des ministères et institutions, et réunit régulièrement les experts du secteur via un cadre de concertation. En cas de cyberattaque, un cadre interministériel de gestion de crise, associant État et secteur privé, est activé pour permettre à l’entité touchée de se relever rapidement

“Voilà comment le Sénégal gère ces genres de crises’’, a conclu le colonel Mime, appelant à une montée en puissance des exercices et des plans de continuité.

MF/SMD/MTN