Un spécialiste insiste sur l’importance d’un sport adapté pour lutter contre les AVC
Un spécialiste insiste sur l’importance d’un sport adapté pour lutter contre les AVC

SENEGAL-SANTE-SENSIBILISATION

Dakar, 27 avr (APS) – Le professeur Moustapha Ndiaye, chef de service de neurologie du centre hospitalier national universitaire de Fann (CHNU) a de nouveau insisté sur l’importance d’un sport adapté et d’une alimentation saine et équilibrée pour prévenir les accidents vasculaires cérébraux (AVC), soulignant que malades admis dans son service ont moins de 50 ans, ce qui représente un ”fardeau” pour les familles.

“Près de 50% des personnes qui font des AVC actuellement dans le service [de neurologie de Fann] ont moins de 50 ans, voire moins de 40 ans. Au Sénégal et ailleurs, dans les familles et individuellement, il faut que l’on comprenne que nous devons manger moins salé, moins sucré, moins gras et surtout pratiquer un sport adapté à son âge”, a déclaré le professeur Moustapha Ndiaye.

Il prenait part à une randonnée pédestre organisée dimanche à Dakar, sous l’égide de l’Association sénégalaise de neurologie (ASN) qu’il préside, une initiative visant à sensibiliser sur les AVC et à promouvoir le sport.

“Ce que l’on voit à Dakar par exemple et dans les principales villes de ce pays, [c’est que l’on] mange mal et très mal”, a souligné le praticien.

“Un sujet de moins de 50 ans qui fait un AVC, c’est du travail qui est perdu, une famille qui est disloquée. On passe de soutien de famille à fardeau de famille”, a fait valoir le chef de service de neurologie de l’hôpital Fann.

Sur la base de ce constat, le neurologue invite les populations à pratiquer du sport, “la meilleure garantie [contre les AVC]. Le sport est une police d’assurance contre les principales affections cardiovasculaires”, a relevé le professeur Ndiaye.

Un spécialiste insiste sur l'importance d'un sport adapté pour lutter contre les AVC

“Quel que soit l’âge que vous avez, quelle que soit la maladie que vous avez, si vous faites du sport régulièrement, cela vous préserve de certaines complications telles que les AVC, qu’on appelle communément la crise cardiaque, telles que d’autres complications dans la nature vasculaire”, a indiqué le praticien.

“Donc il faut inciter les jeunes et les moins jeunes à faire du sport régulièrement. Au-delà du sport, il faut que nous comprenions que la façon de manger et ce que nous mangeons est extrêmement important et déterminant pour notre santé”, a-t-il ajouté.

Le docteur Mame Ciré Sagna, pédiatre à l’hôpital pour enfants de Diamniadio et membre de l’association sénégalaise de soutien aux patients et familles victimes d’AVC (ASP/AVC) ASP-AVC, a signalé que même des enfants victimes d’AVC, une situation liée à l’ampleur de la drépanocytose sur le continent africain.

Une chose que l’on voit en Afrique, “c’est l’ampleur de la drépanocytose qui fait qu’il y a beaucoup d’AVC chez les enfants. Il y a un risque d’avoir l’AVC. Surtout si l’on n’a pas de suivi”, a-t-il indiqué, évoquant d’autres cas liés à “la faiblesse cardiaque”.

Il s’y ajoute “des infections dans le corps ou des malformations dans les tuyaux du corps et des tumeurs, entre autres raisons qui font que l’enfant peut être exposé à un risque d’AVC”, a ajouté Mme Sagna, qui a également pointé la mauvaise alimentation.

“Il faut que l’on prenne soin de l’alimentation des enfants en évitant les aliments ultra-transformés [saucisson, charcuterie, excès de fromage, hamburgers, fast-foods. Il y a beaucoup de choses à faire. Il est important de manger le plus naturellement possible en évitant d’acheter des chips”, a recommandé la praticienne.

“Les jeunes ont des faiblesses liées à l’hypertension, au diabète ou à l’obésité. Ces faiblesses sont des facteurs de risque pour les enfants, d’où l’importance de sensibiliser les jeunes à faire du sport”, a conclu Mame Ciré Sagna.

NSS/BK