Un responsable met en exergue les enjeux de la refondation de l’école
Un responsable met en exergue les enjeux de la refondation de l’école

SENEGAL-EDUCATION-PERSPECTIVES

Dakar, 16 jan (APS) – La refondation de l’éducation sénégalaise, dont le processus a été engagé par les nouvelles autorités, se veut “un passage fondateur” vers une société éducative sénégalaise, et non une simple réforme technique, a déclaré le facilitateur de la transformation systémique de l’école, Abdoullah Cissé.

“Je rends grâce pour la graine de lumière qui, aujourd’hui, nous appelle à refonder l’éducation, à réformer les chemins de l’apprentissage et à réviser les curriculums afin qu’il naisse une société éducative sénégalaise. Ici, maintenant, quelque chose s’ouvre, non pas une réforme de plus, non pas un ajustement technique, mais un passage fondateur”, a-t-il indiqué.

Il prenait part à la cérémonie de rentrée solennelle de l’Inspection générale de l’éducation et de la formation (IGEF), jeudi à Dakar, une manifestation couplée avec l’installation du Comité scientifique de la refondation curriculaire.

M. Cissé a appelé à bâtir une véritable société éducative sénégalaise “fondée sur le sens, la transmission et la justesse”.

“Il n’existe pas de Sénégal souverain, juste et prospère sans une école qui l’est aussi”, a-t-il invité, soulignant que l’école est appelé à devenir “le socle vivant de l’Agenda national de transformation”.

Selon Abdoullah Cissé, la refondation curriculaire impose de distinguer les différents niveaux de transformation, insistant sur le rôle central de l’Inspection générale de l’éducation et de la formation dans ce processus, en tant que “gardienne du seuil” que le système éducatif est en passe de franchir.

“Sans exigence, la refondation devient incantation, la réforme agitation et la révision bricolage”, a averti M. Cissé, ajoutant que la mission assignée à l’IGEF concerne “l’observation du mouvement, la sécurisation de la transmission et la garantie de la justesse”.

Abordant les nouveaux enjeux de l’éducation, il a fait observer que le numérique et l’intelligence artificielle “amplifient les choix humains et interrogent le sens de ce qui est transmis”.

Ces technologies, orientées “avec justesse”, peuvent devenir “des leviers d’équité, d’inclusion et d’accessibilité”, en valorisant notamment les langues nationales, les “daara” (écoles coraniques) et l’égalité des chances pour tous les enfants.

“Derrière chaque réforme, il y a un enfant qui apprend et un adulte qui espère avoir transmis juste”, a-t-il affirmé, estimant que lorsque l’éducation devient un bien commun, “la nation se met en mouvement”.

L’artiste Youssou Ndour, prenant la parole au cours de cette rencontre, a salué, au nom des co-référents, une réforme qui, selon lui, “arrive à son heure”, rappelant que malgré les mutations du monde et l’essor du numérique, “tout revient toujours à l’humain”.

Il a souligné que l’éducation demeure la base de tout développement, citant Nelson Mandela, avant d’insister sur l’importance des racines culturelles dans toute transformation durable.

AN/ADL/HK/BK