SENEGAL-AFRIQUE-HYDRAULIQUE
Dakar, 15 juin (APS) – Le Réseau africain des médias pour l’eau, l’hygiène et l’assainissement (RAM WASH) a déploré, dans un communiqué transmis lundi à l’APS, “la persistance de l’accès disproportionné” à l’eau potable, à l’assainissement et à l’hygiène en Afrique pour les enfants, les femmes et les communautés vulnérables.
“Le RAM WASH alerte l’opinion publique nationale et internationale sur la persistance d’une crise majeure de l’accès à l’eau potable, à l’assainissement et à l’hygiène en Afrique, qui touche de manière disproportionnée les enfants, les femmes et les communautés vulnérables”, lit-on dans ce communiqué.
Selon ce texte publié à la veille de la Journée de l’enfant africain, célébrée le 16 juin de chaque année, “malgré les engagements continentaux et internationaux, la situation demeure critique” sur le continent dans ce domaine.
Cette année, “Garantir l’accès universel à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène pour tous les enfants d’Afrique” est le thème officiel retenu par l’Union africaine pour cette commémoration.
Le RAM WASH fait observer que des données récentes montrent que “plus de 100 millions d’enfants dans plusieurs pays africains sont exposés à des risques élevés liés à l’eau insalubre, au manque d’assainissement et aux maladies hydriques”.
Il souligne que “deux décès sur cinq dans ces contextes sont liés à des services WASH (eau et assainissement) inadéquats et [que] la population africaine, estimée à 1,5 milliard en 2024, pourrait atteindre 2,5 milliards d’ici 2050, accentuant la pression sur les ressources en eau”.
Le RAM WASH note également que “le continent comptera près de 1 milliard d’enfants d’ici 2055, dans un contexte de raréfaction croissante de l’eau”, soulignant que “dans les zones rurales, les écarts d’accès à l’eau potable atteignent jusqu’à 35 points de pourcentage par rapport aux zones urbaines”.
Il relève que “dans de nombreuses communautés, les femmes et les filles consacrent souvent plus de 30 minutes par jour à la recherche d’eau, compromettant leur santé, leur sécurité et leur éducation”.
“Cette situation est aggravée par les effets du changement climatique, notamment les sécheresses, les inondations et la dégradation des ressources en eau, comme l’illustre la réduction dramatique du bassin du lac Tchad, qui affecte des millions de personnes”, lit-on dans le communiqué.
Le RAM WASH signale que ces chiffres ne sont pas de simples statistiques : ils traduisent une crise de survie, de dignité et d’égalité des chances pour les enfants africains.
“Face à cette urgence, RAM WASH appelle à un renforcement immédiat des investissements publics dans les infrastructures WASH adaptées aux enfants, à l’intégration effective du droit à l’eau et à l’assainissement dans toutes les politiques nationales et à la réduction des inégalités d’accès entre zones rurales et urbaines”, souligne le texte.
Il appelle à la priorisation des écoles, centres de santé et communautés vulnérables, mais aussi à une gouvernance transparente et une recevabilité dans la gestion des ressources allouées au secteur WASH.
“A l’approche de la Journée de l’Enfant africain 2026, placée sous le thème de l’accès universel à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène, RAM WASH réaffirme que l’accès à ces services essentiels est un droit humain fondamental et non un privilège. Le temps de l’action coordonnée est venu. Chaque retard coûte des vies”, indique le communiqué.
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