Un rapport souligne la nécessité de la protection des femmes journalistes et des femmes défenseurs des droits humains contre les VBG
Un rapport souligne la nécessité de la protection des femmes journalistes et des femmes défenseurs des droits humains contre les VBG

SENEGAL-GENRE

Dakar, 14 oct (APS) – La protection des femmes journalistes et des femmes défenseures des droits humains (DDH) contre les violences basées sur le genre (VBG) constitue un enjeu de droits humains et de gouvernance démocratique, selon un rapport de l’organisation non gouvernementale Avocats Sans Frontières Canada (ASFC) publié, mercredi, à Dakar.

‘’En définitive, les VBG visant les femmes journalistes et les femmes DDH ne doivent pas être appréhendées comme de simples atteintes individuelles. Lorsqu’elles conduisent à des peurs, à l’autocensure, à l’abandon de certaines activités, elles affectent également la liberté d’expression, la liberté d’information, la liberté de la presse, la défense des droits humains, et plus largement l’espace civique’’, indique notamment le rapport.

Il souligne également que la protection des femmes journalistes et des femmes défenseures des droits humains constitue dès lors un enjeu de droits humains et de gouvernance démocratique, plaidant non seulement pour le renforcement des cadres juridique et institutionnel, mais surtout pour leur effectivité.

Le rapport signale dans le même temps que les VBG contre ces dans l’exercice de leurs fonctions sont une réalité au Sénégal et se présentent sous diverses formes : physique, psychologique, économique, sexuelle et numérique.

Ces violences visent à intimider, discréditer, marginaliser et réduire au silence les femmes qui investissent publiquement l’espace civique pour informer, dénoncer des violations, défendre les droits humains ou porter des revendications en faveur de l’égalité.

Le rapport souligne également l’existance d’un cadre juridique et institutionnel général, consacré à la prévention et la lutte contre les VBG au Sénégal, mais déplore l’absence d’un texte spécifiquement consacré à la protection des femmes journalistes et des femmes DDH contre les violences auxquelles elles sont exposées en raison de leurs activités, ni d’un mécanisme institutionnel spécifiquement dédié à leur protection.

‘’Cette absence de dispositifs adaptés contribue à expliquer la persistance des violences documentées dans le cadre de la présente étude. En effet, ces violences peuvent affecter la capacité des femmes journalistes et des femmes DDH à poursuivre leurs activités, favoriser l’autocensure, ou conduire à leur retrait de l’espace civique’’, lit-on dans le document.

Il relève également que les mécanismes existants de dénonciation et de recours demeurent relativement efficaces. Selon le texte, les difficultés de signalement, la crainte des représailles, la stigmatisation, le manque de confiance envers les institutions et les limites de la prise en charge des victimes contribuent à maintenir certaines violences dans le silence

AFD/ABB