SENEGAL-ENVIRONNEMENT-INITIATIVE
Dakar, 26 fév (APS) – Un projet de promotion de solutions de refroidissement respectueuses du climat et de mise à jour de la contribution déterminée au niveau national (CDN) du Sénégal a été lancé jeudi à Dakar, dans le but de promouvoir les technologies de réduction de la consommation d’énergie et de limiter les émissions de gaz à effet de serre.
‘’Solutions de refroidissement éco-énergétiques et respectueuses du climat et de la mise à jour des CDN au Sénégal’’ est le nom de cette initiative.
Les CDN sont des plans nationaux d’action climatique élaborés par chaque pays dans le cadre de l’Accord de Paris sur le climat, selon le réseau Action Climat des Nations unies.
Ce dernier explique que la CDN d’un pays décrit comment il prévoit de réduire ses émissions de gaz à effet de serre et de s’adapter aux impacts des changements climatiques.

Le représentant de l’ONUDI au Sénégal, Rafik Feki
Doté d’un financement de 1 million de dollars américains, environ 554 500 000 francs CFA, le projet lancé à Dakar sera mis en œuvre par le ministère sénégalais de l’Environnement et de la Transition écologique, avec le soutien de l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI), d’ici à 2028.
Son financement provient du Fonds vert pour le climat.
Il s’agira de promouvoir des technologies de refroidissement éco-énergétiques, dont la géothermie de surface, la climatisation adiabatique ou bioclimatisation, l’utilisation de réfrigérants naturels (fluides frigorigènes) et l’éco-construction, conformément aux engagements climatiques du Sénégal, selon le ministère, l’ONUDI et le Fonds vert pour le climat.
Le Sénégal s’est engagé, en vertu de l’Accord de Paris sur le climat, à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 7 % avec ses propres ressources budgétaires et de 29 % avec le soutien international, d’ici à 2030.
Ababacar Dieng, le conseiller technique numéro un du ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, a réaffirmé la volonté du Sénégal de réduire les émissions de gaz à effet de serre et d’adapter l’économie du pays aux impacts climatiques.
En présidant l’atelier de lancement du projet, il a rappelé que le Sénégal avait déjà entamé en juillet dernier une révision de sa CDN.
‘’Les travaux de révision des engagements de lutte contre le réchauffement climatique, à travers la CDN 2025-2030, doivent permettre de renforcer les mesures’’ de réduction des émissions de gaz à effet de serre et d’adaptation aux impacts climatiques, dans les secteurs de l’énergie, de l’industrie, de l’agriculture, de la foresterie et de la gestion des déchets, a dit M. Dieng en présence du représentant de l’ONUDI au Sénégal, Rafik Feki.
Il a plaidé, à l’occasion du lancement du projet, pour un renforcement de la coordination interinstitutionnelle face aux effets des changements climatiques.
M. Feki s’est réjoui du lancement de cette initiative visant à ‘’contribuer durablement à la réduction des émissions de gaz à effet de serre et à l’amélioration de l’efficacité énergétique, tout en renforçant la mise en œuvre de la contribution déterminée au niveau national du Sénégal, notamment dans le secteur industriel’’.
Selon lui, le nouveau projet comprend cinq axes majeurs : la gouvernance interinstitutionnelle, le renforcement des capacités – avec une intégration du genre -, l’appui à la mise à jour de la CDN, l’analyse du marché du refroidissement et l’élaboration de cadres réglementaires, ainsi que la communication et la gestion des connaissances.
‘’Il s’inscrit également dans des dynamiques continentales de promotion de l’efficacité énergétique et vient renforcer au Sénégal la coopération engagée dans le cadre de la deuxième phase du Programme de partenariat pays, une plateforme destinée à accélérer l’industrialisation durable sur la période 2026-2030’’, a ajouté le fonctionnaire de l’ONUDI.
La directrice générale de l’Agence pour l’économie et la maîtrise de l’énergie, Mame Coumba Ndiaye, affirme que ‘’ce projet est lancé à un moment stratégique’’, où les demandes de climatisation et de refroidissement domestique et commercial explosent en raison de l’urbanisation accélérée, de la croissance démographique et des effets des changements climatiques.

‘’Si cette dynamique n’est pas maîtrisée, elle risque d’accentuer la consommation d’énergie, d’alourdir les charges énergétiques des secteurs industriel et tertiaire notamment, et d’augmenter significativement les émissions de gaz à effet de serre’’, a prévenu Mme Ndiaye lors du lancement du projet.
Les principaux défis actuels de la lutte contre le réchauffement climatique portent sur la réduction de l’empreinte carbone, l’amélioration de l’efficacité énergétique, l’adoption de fluides frigorigènes à faible impact climatique et l’adaptation aux changements climatiques, a-t-elle rappelé.
Selon Mme Ndiaye, l’ambition du Sénégal est d’être leader en Afrique de l’Ouest en matière de refroidissement durable, tout en renforçant sa sécurité et sa souveraineté énergétiques.
Elle a assuré l’ONUDI et le Fonds vert pour le climat de l’engagement de l’AEME et du ministère de l’Énergie, du Pétrole et des Mines de travailler à la réussite du projet.
Des représentants d’autres ministères, des partenaires techniques et financiers de l’État et des membres du secteur privé sénégalais ont participé aussi au lancement de cette initiative.
AB/ESF

