Un programme lancé pour rendre la migration plus sûre pour les femmes
Un programme lancé pour rendre la migration plus sûre pour les femmes

SENEGAL- AFRIQUE-SOCIETE

Dakar, 12 mars (APS) – Un programme visant à renforcer les politiques, lois et services migratoires sensibles au genre, a été officiellement lancé jeudi à Dakar, sous l’égide d’ONU Femmes dont l’ambition, à travers cette initiative, est de contribuer à améliorer l’accès des femmes migrantes sénégalaises à un travail décent.

Dénommé “Rendre la migration sûre pour les femmes”, ce programme sera mis en œuvre de janvier 2026 à juillet 2029, selon Arlette Mvondo, représentante résidente de d’ONU Femmes.

“Si la migration peut représenter une opportunité économique, les femmes migrantes restent particulièrement exposées aux risques d’exploitation, de violence et de traite, notamment lorsqu’elles travaillent dans l’économie informelle”, a-t-elle souligné.

Un constat qui a conduit l’agence onusienne à concevoir ce programme, en vue de “promouvoir et protéger les droits des femmes migrantes aux niveaux régional et international”.

Le programme prévoit ainsi l’intégration de l’égalité des sexes dans les politiques migratoires, la production de données ventilées par sexe sur la migration, le renforcement des capacités des organisations de femmes et la sensibilisation des femmes migrantes à leurs droits, a détaillé Mme Mvondo.

Elle a précisé que cette rencontre de lancement est destinée à “recueillir les avis des uns et des autres”, à répertorier “les initiatives existantes dans le domaine de cette thématique”, mais aussi à “écouter les stratégies, les propositions qui peuvent […] faites pour améliorer la mise en œuvre de cette initiative”.

Un programme lancé pour rendre la migration plus sûre pour les femmes

“Nous sommes conscients qu’il existe déjà une gouvernance, et nous allons nous aligner sur le plan d’action de ce mécanisme de gouvernance”, a ajouté Mme Mvondo, relevant qu’il existe “déjà des initiatives en cours”, le nouvel programme devant être considéré comme une contribution aux efforts faits par les partenaires nationaux et les organisations de la société civile.

Pour l’ambassadrice Suisse au Sénégal, dont le pays est partie prenante de cette initiative, “il y a plein de défis pour des femmes qui sont dans un processus de migration”.

“Il y a une grande précarité qui peut s’imposer aux femmes. C’est peut-être le fait que souvent les femmes travaillent dans des secteurs avec des salaires bas, avec des paiements très bas, sans contrat souvent, sans moyens, sans possibilités, sans accès aux moyens de défendre leurs droits”, a-t-elle souligné.

Avec ce programme, il s’agira de contribuer à “améliorer les conditions de migration pour les femmes, parce que les femmes sont extrêmement importantes pour le développement durable des communautés, même des nations”, a-t-elle insisté.

Le programme compte travailler sur les questions de politique publique pour voir comment assurer la prise en charge des questions de droits, d’égalité et d’autonomisation.

Ses initiateurs considèrent que le Sénégal occupe une place centrale dans les dynamiques migratoires régionales, en tant que pays d’origine, de transit et de destination.

Le pays accueille plus de 280 000 migrants internationaux, dont près de la moitié sont des femmes. Parallèlement, plus de 740 000 Sénégalais vivent à l’étranger, dont plus d’un tiers sont des femmes, selon ONU Femmes.

ADL/HB/BK