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Dakar, 18 juin (APS) – Derrière un microscope, des capteurs électroniques et plusieurs maquettes de projets innovants exposés sur son stand, Moussa Faye porte une ambition claire : éveiller chez les plus jeunes le goût des sciences en les invitant à apprendre par l’expérimentation et la manipulation précoce des outils technologiques.
A travers le centre STEAMTASTIC, créé en 2021, cet enseignant de formation cible les jeunes de cinq à dix-huit ans, en se proposant de les initier aux sciences, aux technologies, à l’ingénierie, aux arts et aux mathématiques selon une approche résumée par la devise du centre : ‘’Apprendre en s’amusant’’.
‘’Notre objectif est de développer la créativité, la pensée critique et les compétences du XXIe siècle chez les enfants’’, explique-t-il à l’APS en marge du Sommet sur l’intelligence artificielle ouvert jeudi à Dakar à l’initiative de KPC Consortium, une structure sud-coréenne, en partenariat avec le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation.
Cette rencontre qui se poursuit jusqu’à demain, réunit des représentants de ministères sénégalais ainsi que plusieurs acteurs des écosystèmes entrepreneuriaux sénégalais et coréens autour du potentiel de l’intelligence artificielle (IA) et de ses applications concrètes.
Le programme prévoit également des présentations de solutions innovantes développées par des startups sénégalaises et coréennes, allant dans le sens de favoriser l’émergence de partenariats et de nouvelles opportunités de collaboration, a-t-on appris des organisateurs.
Titulaire d’un master en biologie obtenu à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, Moussa Faye a enseigné quelques années les sciences de la vie et de la Terre (SVT) dans le moyen-secondaire. Une expérience pédagogique qui a nourri sa réflexion sur les limites d’un enseignement souvent trop théorique.
‘’Pendant longtemps, nous avons appris les sciences sans manipuler les outils. Certains équipements, je ne les ai découverts qu’à l’université’’, confie-t-il en désignant les instruments exposés devant lui.
Cette réalité a profondément marqué le jeune trentenaire, qui ne peut s’empêcher d’évoquer son propre parcours, faisant que c’est seulement à l’université qu’il a pu utiliser un microscope. De ce point de vue, il se dit convaincu que le contact précoce avec les outils scientifiques est essentiel pour susciter des vocations.
Au sein de STEAMTASTIC, les enfants ne se contentent pas d’observer, ils expérimentent, construisent et programment, confie celui qu’ils appellent Tonton Moussa.
Grâce à des capteurs et à différents kits technologiques, ils apprennent à concevoir des solutions concrètes à des problèmes du quotidien, indique-t-il.
‘’Un enfant peut créer un système d’arrosage automatique et programmer lui-même l’heure à laquelle les robinets s’ouvriront pour irriguer une plante’’, renseigne Moussa Faye, en répondant à la question sur les projets sur lesquels travaillent ses protégés.
Cette pédagogie fondée sur l’expérimentation semble porter ses fruits, en ce sens que le centre est parvenu à attirer l’attention de plusieurs partenaires institutionnels, se félicite le jeune exposant.
‘’Après avoir présenté nos activités au ministère de l’Éducation nationale, nous avons bénéficié de son accompagnement. Aujourd’hui, de nombreuses structures nous contactent pour développer des collaborations’’, a-t-il fait savoir.
Pour illustrer cet impact, il cite le projet développé par des jeunes dans la région de Sédhiou autour d’un biodigesteur utilisant des feuilles mortes pour produire de l’énergie.
Dans une région confrontée à des difficultés d’accès à l’électricité, cette innovation permet à la fois de valoriser des déchets végétaux et de proposer une source d’énergie alternative, selon Moussa Faye.
Selon lui, l’enjeu dépasse la simple acquisition de connaissances scientifiques, mais consiste à former une génération capable d’innover et de concevoir elle-même des solutions adaptées à ses réalités.
SMD/MTN
