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Dakar, 19 mai (APS) – Le directeur général de l’Enseignement supérieur (DGES), professeur Abdoul Aziz Diouf, a préconisé la mobilisation simultanée de “trois leviers” pour renforcer l’attractivité des filières scientifiques, technologiques, techniques et agricoles au Sénégal, citant la réforme de l’orientation, la modernisation de l’image des filières et le renforcement des infrastructures.
“L’attractivité de ces filières repose sur trois leviers complémentaires que le gouvernement et les universités doivent activer simultanément”, a-t-il déclaré.
Il s’exprimait dans un entretien accordé à l’APS, dans le sillage de l’édition 2026 de la Caravane de l’orientation du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI), dont le démarrage est prévu ce mardi à Thiès.
Cette initiative du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) a pour principal objectif d’accompagner les lycéens dans le choix de leurs études supérieures.
Le lancement officiel de la Caravane de l’orientation, qui se rendra également dans les régions de Dakar, Diourbel, Kaffrine, Ziguinchor, Matam et Tambacounda, sera donné par le ministre de l’Enseignement supérieur, Daouda Ngom, dans la capitale du rail, en présence de son homologue de l’Education nationale, Moustapha Guirassy.
Evoquant les “trois leviers” d’attractivité des filières STEM (Science, Technologie, Ingénierie et Mathématiques), il a d’abord insisté sur l’urgence de “réformer l’orientation scolaire et universitaire” dès le collège, afin de valoriser les métiers scientifiques et de “déconstruire l’idée selon laquelle les filières littéraires seraient plus accessibles”.
Cette réforme doit, selon lui, présenter aux élèves les débouchés réels des métiers STEM.
Au titre des mesures concrètes à prendre dans ce sens, il a exhorté à la création de clubs scientifiques dans les collèges et lycées, de même a-t-il recommandé l’organisation de caravanes scientifiques nationales, de journées d’immersion dans les universités, les instituts supérieurs d’enseignement professionnel (ISEP) et les centres de recherche, ainsi que le développement de plateformes numériques d’orientation et le déploiement de conseillers spécialisés en STEM.
Le deuxième levier consiste à moderniser l’image des filières techniques et agricoles, désormais présentées comme “des filières d’innovation, à forte valeur ajoutée, porteuses des métiers du futur”, en lien avec l’intelligence artificielle, le solaire, l’agritech et la transformation industrielle.
À cet effet, le professeur Diouf préconise la création de fermes agricoles intelligentes dans les universités, le développement de laboratoires d’innovation agricole, la promotion de “champions nationaux” et la médiatisation des jeunes entrepreneurs agricoles et numériques sénégalais.
Le troisième levier, a-t-il ajouté, porte sur le développement d’infrastructures pédagogiques modernes. “L’attractivité dépend fortement de la qualité des infrastructures pédagogiques”, notamment les laboratoires scientifiques, les plateformes technologiques, les incubateurs universitaires, les fablabs, les bibliothèques numériques, les centres de simulation et les campus intelligents et connectés que le ministère de tutelle doit renforcer.
Cette dynamique de modernisation s’appuie notamment sur le projet ESPOIR-Jeunes du ministère, doté de 206,9 millions de dollars, soit quelque 116 milliards de francs CFA, cofinancés par la Banque mondiale, l’Agence française de développement (AFD) et le fonds Early Learning Partnership (ELP), qui prévoit la création de nouveaux ISEP régionaux dotés d’équipements de pointe.
La caravane d’orientation qui démarre, mardi, va sillonner pas moins de sept régions du pays pour informer les bacheliers et futurs bacheliers sur l’offre de formation supérieure, avec un accent particulier sur les filières scientifiques, technologiques et professionnalisantes.
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