SENEGAL-POLITIQUE-CONSTITUTION
Dakar, 12 août (APS)- L’ancien ministre Mamadou Ndoye, membre de la société civile regroupée autour du “Sursaut citoyen”, a mis en garde, mercredi à Dakar, contre le risque d’une ”instrumentalisation” politique de la révision constitutionnelle, appelant les acteurs politiques à privilégier un consensus national sur les règles du ‘’vivre-ensemble‘’.
‘’Tous les Sénégalais sont témoins de cette instrumentalisation de la révision constitutionnelle. On s’en sert dans la lutte de pouvoir qui oppose actuellement le président de l’Assemblée nationale au président de la République‘’, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse organisée par des organisations de la société civile sur la réforme constitutionnelle.
Or, souligne M. Ndoye, ‘’la révision constitutionnelle est une affaire trop importante pour faire l’objet d’une lutte partisane‘’.
Il a évoqué, à cet égard, la préparation par le président de la République d’avant-projets de révision constitutionnelle et, parallèlement, l’initiative prise par le groupe parlementaire auquel appartient le président de l’Assemblée nationale pour faire des propositions de réforme.
Il a également rappelé la saisine du Conseil constitutionnel par le président de la République sur la régularité de la procédure engagée au niveau de l’Assemblée nationale.
”Cette situation fait courir au pays deux risques : soit une impasse, c’est-à-dire qu’on ne peut plus faire de révision constitutionnelle parce que toutes les voies vont être bloquées, soit une révision qui a une marque partisane au lieu d’être l’objet d’un consensus national‘’, a-t-il prévenu.
L’ancien ministre de l’Alphabétisation et des Langues nationales estime que l’enjeu de la réforme dépasse les rapports de force entre les institutions.
‘’L’enjeu, c’est le vivre-ensemble des Sénégalais. Quelles sont les règles de notre vivre-ensemble ? Quelles sont les règles du contrat social ?‘’, s’est-il interrogé.
M. Ndoye a ainsi appelé les acteurs politiques à considérer la révision constitutionnelle comme une question d’intérêt national et non comme un prolongement de la compétition politique.
‘’Nous réagissons en tant que groupe de citoyens pour dire +non+ : la révision constitutionnelle est une affaire trop importante pour faire l’objet d’une lutte partisane‘’, a-t-il insisté.
Mamadou Ndoye a indiqué que la société civile entend engager des démarches auprès des différentes autorités concernées afin de promouvoir une réforme fondée sur le consensus.
Il a estimé que cette démarche devrait permettre au Sénégal d’éviter aussi bien l’absence de réforme que l’adoption d’une réforme ‘’partisane‘’.
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